Il décéda au mois de Rajab et fut enseveli dans sa propre sépulture, à proximité de son école (1). Il avait étudié le hadith auprès d’al-Kindī (2) et d’autres, qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le fondateur (endower) de la Rawāḥiyya à Damas et à Alep (3) est Abū al-Qāsim Hibat Allāh [fils de Muḥammad, fils de ʿAbd al-Wāḥid, fils d’Abī al-Wafāʾ], connu sous le nom d’Ibn Rawāḥa. Il comptait parmi les marchands nantis et considérés comme fiables à Damas. De stature imposante, tant en taille qu’en corpulence, il ne portait pas de barbe. Il fit construire la madrasa Rawāḥiyya à l’intérieur de Bāb al-Farādīs et l’affecta aux shaféites. Il en confia la supervision (5) et l’enseignement au cheikh Taqī al-Dīn ibn al-Ṣalāḥ (6) al-Shahrazūrī. Il possédait par ailleurs à Alep une autre école du même type.
À la fin de sa vie, il se retira dans la madrasa de Damas, où il occupait la pièce située à l’est de l’īwān. Il souhaita ensuite y être enterré après son décès, mais on ne le lui permit pas et il fut plutôt inhumé dans le cimetière des soufis. Après sa mort, Muḥyī al-Dīn ibn ʿArabī (7) al-Ṭāʾī al-ṣūfī et Taqī al-Dīn Khazaʿl (8), le grammairien égyptien devenu ensuite maqdissin, imam du sanctuaire de ʿAlī, attestèrent qu’Ibn Rawāḥa avait démis le cheikh Taqī al-Dīn [ibn al-Ṣalāḥ] de cette madrasa. Il s’ensuivit de longs litiges, mais le projet qu’ils visaient ne se concrétisa jamais. Khazaʿl (10) mourut également cette même année, rendant caduc tout ce qu’ils avaient entrepris.
Abū Muḥammad Maḥmūd (11) ibn Mudūd ibn Maḥmūd [ibn] Baladjī al-Ḥanafī al-Mawṣilī avait lui aussi à Mossoul une madrasa appelée
(1) Édition : Il fut enterré à côté de son école. Bachar précise : dans A et B, « sa tombe qui était son école », ce qui n’est pas exact, et ce passage est confirmé par ce qui se trouve à la fin des deux jardins dont l’auteur s’inspire.
(2) La biographie d’al-Kindī a été précédemment donnée dans les décès de l’année 616.
(3) La biographie d’Ibn Rawāha se trouve dans le complément d’al-Mundhirī (3/151), la fin des deux jardins (149), al-Dāris (1/265), Shadharāt al-Dhahab (7/182) et Munādamat al-Aṭlāl (102). Il a suivi Abū Shāma pour mentionner son décès cette année-là, mais la date exacte est qu’il est mort le 7 rajab de l’année 622 hégirienne, comme le rapportent les autres sources. Al-Dhahabī a dit : « C’est une erreur de dire qu’il est mort en l’an trois. » Dans Tārīkh al-Islām (13/727).
(4) Édition : « Wafiyy al-Tharwah wa al-Miqdār » et parmi les modérés.
(5) A et B : « Son enseignement et sa supervision. »
(6) La biographie d’Ibn al-Ṣalāḥ paraîtra dans la section des décès de l’année 643 hégirienne.
(7) La biographie d’Ibn ʿArabī sera incluse dans les décès de l’année 638 hégirienne.
(8) Édition : Khuzaʿlī, sa biographie sera présentée sous peu.
(9) A et B : « Ce qu'ils ont visé. »
(10) Biographie de Khuzaʿl al-Naḥwī dans le complément d’al-Mundhirī (3/184), la fin des deux jardins (149), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (22/181), an-Nujūm az-Zāhirah (6/266), Bughyat al-Wuʿātah (1/550). Son nom dans ces sources est : Taqī al-Dīn Abū al-Majd Khuzaʿl ibn ʿAskar ibn Khalīl ash-Shannāʾī al-Miṣrī ash-Shāfiʿī al-Muqriʾ an-Naḥwī al-Lughawī, résident à Damas.
(11) Biographie d’Ibn Baladji al-Ḥanafī dans al-Jawāhir al-Muḍīyah (3/452) où il est mentionné : Abū ath-Thanā’ at-Turkī, père de ʿAbd Allāh, auteur du Muḫtaār, ainsi que ʿAbd ad-Dāym, ʿAbd al-ʿAzīz, et ʿAbd al-Karīm, qui recueillit à Bagdad le grand Ibn al-Jawzī.