Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai dit : Son décès survint au mois de Rabî‘ al-Awwal de cette année, et il fut enterré dans sa demeure (1), située au début du Darb ar-Rîḥân du côté de la mosquée. Sa sépulture se trouve aujourd’hui à l’est de l’école aṣ-Ṣadrîya, avec une grille qui lui est dédiée. Ibn ‘Anîn, qui était un satiriste (2), a d’ailleurs dit à son sujet :

« L’Égyptien (3) ne manqua pas à son œuvre … Lorsqu’il plaça la tombe (4) chez lui
Il préserva ainsi les vivants (5) de sa lapidation … Et il tint (6) les morts éloignés de son feu. »

Al-Mu‘tamad, gouverneur (7) de Damas, le combattant Ibrâhîm, connu sous le nom d’al-Mu‘tamad, wali de Damas, [était] l’un des meilleurs gouverneurs, le plus chaste, le plus avisé en conduite et le plus généreux en son for intérieur. Il était originaire de Mossoul et se rendit au Shâm, où il servit Farrukhshâh, fils de Shâhanshâh ibn Ayyûb. Par la suite, le badr Mûdûd, frère de Farrukhshâh, lui confia la fonction de shihna (préfet) de Damas. Il gouverna alors avec une conduite louable, puis devint lui-même shihna de Damas pendant quarante ans. Au cours de son administration, il s’y produisit d’étranges et surprenantes affaires. Il était enclin à pardonner aux gens de rang et, plus particulièrement, à ceux appartenant aux familles notables (8).

Il arriva à son époque qu’un tisserand (9) eût un jeune fils portant des boucles d’oreilles. Un de leurs voisins l’attaqua par ruse et le tua, s’empara des bijoux qu’il portait, puis l’enterra dans l’une des tombes. La famille porta plainte (10) contre cet homme, mais il ne reconnut rien. La mère de l’enfant pleura et réclama à son mari de la répudier, ce qu’il fit. Elle se rendit ensuite auprès de l’homme [qui avait tué son fils] et l’encouragea à l’épouser, feignant de l’aimer. Il l’épousa et elle demeura un certain temps chez lui.

Un jour, elle l’interrogea sur son fils, celui-là même au sujet duquel on l’avait accusé. Il répondit : « Oui, c’est moi qui l’ai tué. » Elle rétorqua : « Je souhaite (12) voir sa tombe, afin de l’apercevoir. » Il l’emmena alors à la tombe désignée (13) et l’ouvrit. Elle y vit son fils, se mit à pleurer, puis, ayant emporté un couteau qu’elle avait préparé pour ce moment, elle le frappa jusqu’à le tuer et l’enterra avec son fils dans cette même tombe. Les gens du cimetière survinrent alors et la saisirent.

(1) A, B : chez lui. (2) Les deux vers dans le Dîwân d'Ibn ʿUnayn – Dār Ṣādir – (238). (3) T : « Ma aqsar ». et B : « Ma kāna aqsar ». Ce qui est ici selon A, est conforme à ce qui est dans le Dîwân. (4) Dans le Dîwân : al-Ḥufra. Le vérificateur a fait allusion à cette lecture en note. (5) T : « Arāḥ lil-aḥyāʾ », et dans A, B : « Arākh al-aḥyāʾ ». Ce qui est ici provient du Dîwân. (6) Dans le Dîwân : wa khalleṣ. (7) Notice – al-Mubāraz – dans Mirʾāt az-Zamān (8/421-422) et en appendice des Rawḍatayn (150), où il est dit : al-Mubārak est une déformation, et Tārīkh al-Islām (13/733). (8) A, B : et surtout celles qui étaient parmi les filles du peuple. (9) A, B : ibn. (10) D’après T seule. (11) A, B : ils n’ont rien admis, alors elle a souffert. (12) B : fa-ishtahā. (13) T : Ḫašnukāšā.
قلت: وكانت وفاته في ربيع الأول من هذه السنة، ودفن بداره (١) التي في رأس درب الريحان من ناحية الجامع، ولتربته شباك شرق المدرسة الصدرية اليوم، وقد قال فيه ابن عنين وكان هجاء (٢) : ما قَصَّرَ (٣) المصريُّ في فعلهِ … إِذ جعل التربة (٤) في داره فَخَلَّصَ الأحياء (٥) من رجمهِ … وأبعدَ (٦) الأمواتَ من ناره المعتمد والي دمشق (٧) المبارز إِبراهيم المعروف بالمعتمد والي دمشق. [كان] من خيار الولاة وأعفّهم وأحسنهم سيرة وأجودهم سريرة، أصله من الموصل، وقدم الشام فخدم فروخشاه بن شاهنشاه ابن أيوب، ثم استنابه البدر مودود أخو فروخشاه، وكان شحنة دمشق، فَحُمِدَتْ سيرتُه في ذلك، ثم صار هو شحنةَ دمشق أربعين سنة، فجرت في أيامه عجائب وغرائب، وكان كثير الستر على ذوي الهيئات، ولا سيما من كان من أبناء الناس (٨) وأهل البيوتات. واتفق في أيامه أَنَّ رجلًا حائكًا كان له ولد (٩) صغير في آذانه حلقٌ، فعدا عليه رجلٌ من جيرانهم فقتله غيلةً وأخذ ما عليه من الحلي ودفنه في بعض المقابر، فاشتكوا عليه (١٠) فلم يقر، فبكت (١١) والدته من ذلك وسألتْ زوجَها أن يطلِّقها، فطلَّقَها فذهبت إِلى ذلك الرجل [الذي قتل ولدَها] وسألته أن يتزوجها وأظهرت له أنها أحبَّتْهُ فتزوَّجها، ومكثتْ عنده حينًا، ثم سألته في بعض الأوقات عن ولدها الذي اشتكوا عليه بسببه فقال: نعم أنا قتلته. فقالت: أشتهي (١٢) أن تريني قبره حتى أنظر إِليه، فذهب بها إِلى قبر خشخاشة (١٣) ففتحه فنظرت إِلى ولدها فاستعبرت وقد أخذت معها سكينًا أعدَّتها لهذا اليوم، فضربته حتى قتلته، ودفنته مع ولدها في ذلك القبر، فجاء أهل المقبرة فحملوها
(١) أ، ب: في داره. (٢) البيتان في ديوان ابن عنين - دار صادر - (٢٣٨). (٣) ط: ما أقصر. وب: ما كان أقصر. وما هنا عن أ، وهو يوافق ما في الديوان. (٤) في الديوان: الحفرة. وأشار المحقق في الهامش إلى هذه الرواية. (٥) ط: أراح للأحياء، وفي أ، ب: أراخ الأحياء. وما هنا عن الديوان. (٦) في الديوان: وخَلَّص. (٧) ترجمة - المبارز - في مرآة الزمان (٨/ ٤٢١ - ٤٢٢) وذيل الروضتين (١٥٠) وفيه: المبارك وهو تحريف، وتاريخ الإسلام (١٣/ ٧٣٣). (٨) أ، ب: ولا سيما من كانت من بنات الناس. (٩) أ، ب: ابن. (١٠) عن ط وحدها. (١١) أ، ب: فلم يقر بشيء فتألمت. (١٢) ب: فأشتهي. (١٣) ط: خشنكاشة.

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