Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On aurait dit que les Pléiades étaient suspendues à son front, que Sirius se trouvait sur sa joue et que la lune illuminait son visage.

Dans sa lignée noble, on compte quinze califes, dont cinq de ses pères qui régnèrent successivement. Il reçut de leur part le califat, hérité de l’un à l’autre, chose qui n’était jamais arrivée à aucun calife avant lui. Il dirigea le peuple comme son père, az-Ẓāhir, avec générosité, bonne conduite et bienveillance envers ses sujets. Il fit construire la grande école al-Mustanṣiriyya, qui n’a pas son pareil au monde. Nous en donnerons plus de détails en temps voulu, si Dieu le veut. Les détenteurs de charges qui œuvraient déjà sous son père demeurèrent à leurs postes. Le vendredi suivant, on prononça le sermon au nom de l’imam al-Mustanṣir bi-llāh sur les chaires, et on dispersa de l’or et de l’argent lorsqu’on cita son nom (1). Ce fut un jour mémorable : les poètes récitèrent leurs panégyriques et leurs élégies, et l’on distribua d’abondantes récompenses et robes d’honneur.

Le premier jour de Shaʿbān, le vizir Ḍiyā’ ad-Dīn Abū al-Fatḥ Naṣr Allāh ibn al-Athīr (2) arriva de Mossoul (3), porteur d’un message de félicitations et de condoléances rédigé en un style éloquent. Al-Mustanṣir bi-llāh assistait régulièrement à la prière du vendredi en chevauchant de façon visible pour la population, accompagné seulement de deux serviteurs et d’un palefrenier (4). Un jour, alors qu’il sortait à cheval, il entendit un grand vacarme et demanda : « Qu’est-ce donc ? » On lui répondit : « C’est l’appel à la prière. » Il mit alors pied à terre (5) et se mit à marcher. Dès lors, il prit l’habitude d’aller à pied à la prière du vendredi par humilité et recueillement, s’asseyant près de l’imam pour écouter le prêche. Ensuite, on rénova pour lui le couloir (المطبق), si bien qu’il l’empruntait à pied jusqu’à la mosquée. Le vingt-deux (6) de Shaʿbān, il fit une sortie publique à la vue de tous.

Quand arriva la première nuit de Ramaḍān, il fit de généreuses aumônes : il offrit de la farine, des moutons et des subsides aux savants, aux pauvres et aux indigents pour les aider à jeûner et à passer la nuit en prière. Le vingt-sept de Ramaḍān, on transféra le cercueil d’az-Ẓāhir (7) du Dār al-Khilāfa (le Palais du califat) à la tombe (8) de la Ruṣāfa ; ce fut un jour solennel. Le calife al-Mustanṣir envoya ce même jour de riches dons et aumônes aux juristes, aux soufis et aux imams des mosquées, confiés aux soins de Muḥyī ad-Dīn Ibn al-Jawzī.

Ibn al-Athīr (9) rapporte qu’une terrible secousse sismique eut lieu cette année-là et détruisit bon nombre de villages et de forteresses (10) dans leurs contrées.

(1) B : Lorsqu'il est mentionné. (2) T : « De al-Wazīr Ḍiyāʾ ad-Dīn Abū al-Fatḥ » n'a pas de sens, comme si quelque chose avait été omis (Bashar). (3) Ce qui est entre parenthèses est une addition nécessaire de ma part pour que le sens soit correct. Al-Dhahabī a rapporté un extrait de cette lettre dans son Tarīkh al-Islām (13/640) (Bashar). (4) T : « Rākib dār » ; il n'y a pas ici de variante A, B, et c’est la lecture la plus correcte (Bashar). (5) B : au sujet de son cheval. (6) A, B : le vingt-huitième. (7) A : le cercueil de son père, al-Ẓāhir. (8) A, B : vers la tombe. (9) Al-Kāmil fī at-Tārīkh (9/373) contredit la narration. (10) A, B : parmi les forteresses et les villages.
كَأَنَّ الثُّرَيا عُلّقَتْ فِي جَبينهِ … وفي خَدِّهِ الشِّعْرى وفي وَجْهِهِ القَمَرُ وفي نسبه الشريف خمسة عشر خليفة، منهم خمسة من آبائه وُلُّوا نسقًا، وتلقى هو الخلافة عنهم وراثةً كابرًا عن كابر، وهذا شيء لم يتّفق لأحد من الخلفاء قبله، وسار في الناس كسيرة أبيه الظاهر في الجود وحسن السيرة والإحسان إِلى الرعية، وبنى المدرسة الكبيرة المستنصرية التي لم تبن مدرسة في الدنيا مثلها، وسيأتي بيان ذلك في موضعه إِن شاء الله، واستمر أرباب الولايات الذين كانوا في عهد أبيه على ما كانوا عليه. ولما كان يوم الجمعة المقبلة خطب للإمام المستنصر بالله على المنابر ونثر الذهب والفضة عند ذكر اسمه (١) ، وكان يومًا مشهودًا، وأنشد الشعراء المدائح والمراثي، وأطلقت لهم الخلع والجوائز، وقدم رسولٌ من صاحب الموصل يوم غرَّة شعبان الوزير ضياء الدين أبو الفتح (٢) نصر الله بن الأثير، (يحمل رسالة) (٣) فيها التهنئة والتعزية بعبارة فصيحة بليغة. ثم إِن المستنصر بالله كان يواظب على حضور الجمعة راكبًا ظاهرًا للناس، وإِنَّما معه خادمان وركبدار (٤) ، وخرج مرة وهو راكب فسمع ضجة عظيمة فقال: ما هذا؟ فقيل له: التأذين، فترجَّل عن مركوبه (٥) وسعى ماشيًا، ثم صار يدمن المشي إِلى الجمعة رغبة في التواضع والخشوع، ويجلس قريبًا من الإمام ويستمع الخطبة، ثم أصلح له المطبق فكان يمشي فيه إِلى الجمعة، وركب في الثاني والعشرين (٦) من شعبان ركوبًا ظاهرًا للنّاس عامة، ولما كانت أول ليلة من رمضان تصدّق بصدقات كثيرة من الدقيق والغنم والنفقات على العلماء والفقراء والمحاويج، إِعانة لهم على الصيام، وتقوية لهم على القيام. وفي يوم السابع والعشرين من رمضان نقل تابوت الظاهر (٧) من دار الخلافة إِلى التربة (٨) من الرصافة، وكان يومًا مشهودًا، وبعث الخليفة المستنصر يوم الجد صدقات كثيرة وإِنعامًا جزيلًا إِلى الفقهاء والصوفية وأئمة المساجد، على يدي محيي الدين ابن الجوزي. وذكر ابن الأثير (٩) أنه كانت زلزلة عظيمة في هذه السنة، هدّمت شيئًا كثيرًا من القرى والقلاع (١٠) ببلادهم.
(١) ب: عند ذكره. (٢) ط: "من الوزير ضياء الدين أبي الفتح" ولا معنى لها، وكأن شيئًا سقط (بشار). (٣) ما بين الحاصرتين إِضافة مني لا بد منها ليستقيم المعنى، وساق الذهبي قطعة من هذه الرسالة في تاريخ الإسلام (١٣/ ٦٤٠) (بشار). (٤) ط: "راكب دار" وما هنا من أ، ب، وهو الأصح (بشار). (٥) ب: عن فرسه. (٦) أ، ب: الثامن والعشرين. (٧) أ: تابوت أبيه الظاهر. (٨) أ، ب: إِلى الترب. (٩) الكامل في التاريخ (٩/ ٣٧٣) بخلاف في الرواية. (١٠) أ، ب: من القلاع والقرى.

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