Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans une autre version, il est rapporté :

« Ne leur as-tu pas indiqué qu’ils portaient les noms de leurs justes et de leurs prophètes ? »

Qatada et d’autres ont mentionné qu’ils employaient fréquemment le nom “Haroun”, au point que l’on raconte qu’à l’occasion de certaines funérailles, un grand nombre de personnes prénommées Haroun – quarante mille – étaient présentes (1). Dieu est plus savant.

L’idée principale est qu’ils dirent : « Ô sœur de Haroun… », et le hadith montre qu’elle avait effectivement un frère de sang nommé Haroun, réputé pour sa religion, sa piété et sa bienfaisance. C’est pourquoi ils ont ajouté : « Ton père n’était pas un homme de mal, et ta mère n’était pas impudique », c’est-à-dire : tu ne proviens pas d’une famille dont la conduite et les mœurs seraient ainsi, ni ton frère, ni ta mère, ni ton père. Et pourtant, ils l’accusèrent du plus grand des péchés et la chargèrent de la pire infamie. Ibn Jarir mentionne dans son Histoire (2) qu’ils accusèrent également Zacharie, voulurent le tuer et le firent fuir. Ils le poursuivirent, puis un arbre s’ouvrit pour lui permettre de s’y réfugier, mais Iblis retint le pan de son vêtement, et ils l’y scièrent, comme déjà mentionné. Certains hypocrites l’ont aussi accusée d’avoir fauté avec son cousin maternel, Youssef ibn Ya‘qoub an-Najjâr.

Quand la situation devint critique, que tout se resserra et que les mots vinrent à manquer, le recours au Maître Sublime s’accrut. Il ne resta plus que la sincérité et la totale confiance en Dieu. « Elle fit alors un signe vers lui », c’est-à-dire : « Parlez-lui, adressez-vous à lui, car c’est à lui que revient votre réponse et c’est de lui que vous obtiendrez les explications. » À ce moment-là (3), ceux d’entre eux qui étaient arrogants et rebelles s’exclamèrent : « Comment parlerions-nous à un enfant encore au berceau ? », autrement dit : comment peux-tu nous renvoyer à un nourrisson qui ne comprend pas la parole, qui est encore allaité dans son berceau et ne sait distinguer ni le bon lait de sa crème ? Ils y virent de ta part une manière de tourner la situation en dérision, de nous railler et de nous mépriser. Ainsi, tu ne nous réponds par aucune parole explicite, mais tu nous renvoies à un enfant encore au berceau. Alors, « il dit : “Je suis vraiment le serviteur de Dieu ; Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète (30), et Il a fait de moi un être béni partout où je me trouve, et Il m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je serai en vie (31). Il m’a rendu bon envers ma mère et ne m’a pas fait être un malfaiteur malheureux (32). Et que la paix soit sur moi le jour de ma naissance, le jour de ma mort et le jour où je serai ressuscité vivant.” »

Ceci fut le premier propos énoncé par ‘Isa ibn Maryam. La première chose qu’il dit fut : « Je suis vraiment le serviteur de Dieu », reconnaissant ainsi son adoration envers son Seigneur et affirmant que Dieu est son Maître, exaltant ainsi la Majesté divine de toute assertion mensongère selon laquelle il serait Fils de Dieu. En vérité, il est Son serviteur, Son Messager et le fils de Sa servante. Il disculpa en même temps sa mère des accusations que certains ignorants dirigeaient contre elle à cause de lui, en proclamant : « Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète », car Dieu ne confère pas la prophétie à un être qui serait, comme ils l’avançaient – que Dieu les maudisse et les avilisse. C’est ainsi qu’Il dit : « Et à cause de leur mécréance et des énormes calomnies qu’ils proféraient contre Marie… » [Les Femmes : 156]. En effet, un groupe de Juifs, à cette époque, prétendit qu’elle avait conçu l’enfant au moyen d’un adultère durant ses menstrues – que Dieu les maudisse. Mais Dieu l’en innocentait, annonçant qu’elle était d’une sincérité parfaite (siddiqa) et faisant de son fils un Prophète envoyé, l’un des plus fermes parmi les messagers.

(1) Ibn Kathīr a résumé ici le récit, qu'il a rapporté intégralement dans son Tafsīr (3/119) à partir du Tafsīr d'al-Ṭabarī (16/58), dans lequel il est dit que parmi les personnes pieuses qui accompagnaient le cortège funèbre de Hārūn, il y avait quarante mille hommes appelés Hārūn. (2) (1/600). (3) Ainsi dans les manuscrits B et Ṭ. C'est la formulation du verset et il est plus probable qu'elle soit correcte ici. Dans le manuscrit A : « Qāla » (il a dit). (4) Dans A, B et Ṭ : « taḥyīlīnā ». Dans B : « ʿalā al-jawāb ».
وفي رواية: "ألا أخبرتهم أنهم كانوا يتسمون بأسماء صالحيهم وأنبيائهم" . وذكر قتادة وغيره أنهم كانوا يكثرون من التسمية بهارون، حتى قيل: إنه حضر بعض جنائزهم بشرٌ كثير منهم ممن يُسمى بهارون، أربعون ألفًا (١) . فاللّه أعلم. والمقصود أنهم قالوا: ﴿يَاأُخْتَ هَارُونَ﴾ ودلّ الحديث على أنها قد كان لها أخ نَسَبي اسمه هارون، وكان مشهورًا بالدين والصلاح والخير، ولهذا قالوا: ﴿مَا كَانَ أَبُوكِ امْرَأَ سَوْءٍ وَمَا كَانَتْ أُمُّكِ بَغِيًّا﴾ أي لستِ من بيتٍ هذا شيمتهم ولا سجيتهم، لا أخوك ولا أمك ولا أبوك، فاتهموها بالفاحشة العظمى، ورمَوها بالداهية الدهياء. فذكر ابن جرير في تاريخه (٢) أنهم اتهموا بها زكريا وأرادوا قتله ففر منهم، فلحقوه وقد انشقت له الشجرة فدخلها وأمسك إبليس بطرف ردائه، فنشروه فيها كما قدمنا. ومن المنافقين من اتهمها بابن خالها يوسف بن يعقوب النجار. فلما ضاق الحال وانحصر المجال وامتنع المقال، عظم التوكل على ذي الجلال، ولم يبق إلا الإخلاص والاتِّكال ﴿فَأَشَارَتْ إِلَيْهِ﴾ أي: خاطبوه وكلِّموه، فإنَّ جوابَكم عليه وما تبغون من الكلام لديه. فعندها ﴿قَالُوا﴾ (٣) مَن كان منهم جبارًا شقيًا: ﴿كَيْفَ نُكَلِّمُ مَنْ كَانَ فِي الْمَهْدِ صَبِيًّا﴾ أي: كيف تحيليننا (٤) في الجواب على صبي صغير لا يعقل الخطاب، وهو مع ذلك رضيع في مهده ولا يميز بين محض المخض وزبده، وما هذا منك إلا على سبيل التهكم بنا والاستهزاء والتنقُّص لنا والازدراء، إذًا لا تردّين علينا قولًا نطقيًا، بل تحيلين في الجواب على من كان في المهد صبيًا، فعندها ﴿قَالَ إِنِّي عَبْدُ اللَّهِ آتَانِيَ الْكِتَابَ وَجَعَلَنِي نَبِيًّا (٣٠) وَجَعَلَنِي مُبَارَكًا أَيْنَ مَا كُنْتُ وَأَوْصَانِي بِالصَّلَاةِ وَالزَّكَاةِ مَا دُمْتُ حَيًّا (٣١) وَبَرًّا بِوَالِدَتِي وَلَمْ يَجْعَلْنِي جَبَّارًا شَقِيًّا (٣٢) وَالسَّلَامُ عَلَيَّ يَوْمَ وُلِدْتُ وَيَوْمَ أَمُوتُ وَيَوْمَ أُبْعَثُ حَيًّا﴾. وهذا أولُ كلامٍ تفوه به عيسى بن مريم، فَكان أوّل ما تكلّم به أن ﴿قَالَ إِنِّي عَبْدُ اللَّهِ﴾ اعترف لربه (سبحانه وتعالى) بالعبودية، وأن اللّه ربّه، فنزه جناب اللّه عن قول الظالمين في زعمهم أنه ابن اللّه، بل هو عبدُه ورسولُه وابنُ أَمَته، ثم برَّأَ أُمه مما نسبها إليه الجاهلون وقذفوها به ورمَوْها بسببه بقوله: ﴿آتَانِيَ الْكِتَابَ وَجَعَلَنِي نَبِيًّا﴾ فإن اللّه تعالى لا يعطي النبوةَ من هو كما زعموا - لعنهم اللّه وقبَّحَهم - كما قال تعالى: ﴿وَبِكُفْرِهِمْ وَقَوْلِهِمْ عَلَى مَرْيَمَ بُهْتَانًا عَظِيمًا﴾ [النساء: ١٥٦] وذلك أن طائفة من اليهود في ذلك الزمان قالوا: إنها حملت به من زِنى في زمن الحيض - لعنهم اللّه - فبرَّأها اللّه من ذلك، وأخبر عنها أنها صِدّيقة، واتخذ ولدها نبيًا مرسلًا أحدَ أولي العزم
(١) اختصر ابن كثير الخبر هنا، وقد نقله كاملًا في تفسيره (٣/ ١١٩) عن تفسير الطبري (١٦/ ٥٨)، وفيه أن من خرج في جنازة هارون الرجل الصالح ممن يسمون هارون يبلغ عددهم (٤٠) ألفًا. (٢) (١/ ٦٠٠). (٣) كذا في ب وط. وهو لفظ الآية وأشبه أن يُثْبَت هاهنا. وفي أ: قال. (٤) في أ وب وط: تحيلينا. وفي ب: على الجواب.

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