La fausseté évidente sous l’apparence de la vérité cachée, employée comme ruse et manigance, en qualifiant l’extermination et la dévastation d’« achèvement » et de « rectification », afin de réaliser des buts dont vous avez saisi l’occasion, arrachés aux griffes d’un lion intrépide et aux crocs d’un fauve majestueux. Vous vous accordez, avec des termes différents, sur un seul et même sens ; vous êtes ses dépositaires et ceux en qui il a confiance, et vous orientez son avis selon vos désirs (1). Vous mêlez votre fausseté (2) à sa vérité ; il vous obéit alors que vous lui désobéissez, et il vous approuve alors que vous vous opposez à lui. Maintenant, Dieu (3) – exalté soit-Il – a transformé votre crainte en sécurité, votre pauvreté en richesse, et votre mensonge en vérité. Il vous a accordé un pouvoir qui relève la faute (4) et ne châtie que celui qui s’obstine, ne se venge que de celui qui persiste. Il vous ordonne la justice, et Il la veut vraiment de vous ; Il vous interdit l’injustice, et Il la déteste pour vous. Il craint Dieu, exalté soit-Il, et vous met en garde (5) contre Son courroux ; Il place son espoir en Dieu et vous incite à L’adorer. Si vous suivez la voie des représentants des califes de Dieu sur Sa terre, ses fidèles dépositaires envers ses créatures, sinon vous périrez. Que la paix soit sur vous.
On trouva ensuite dans sa demeure des billets (6) scellés qu’il n’avait pas ouverts, afin de préserver l’honneur des gens et de les protéger des atteintes à leur réputation. Il laissa dix enfants, garçons et filles, dont l’aîné fut celui à qui l’on prêta serment de fidélité pour le califat, Abou Jaʿfar Al-Mansour, surnommé Al-Mustansir bi-llâh. Il fut lavé par le cheikh Mohammed Al-Khayyât, prédicateur, puis inhumé au palais du califat, avant d’être transféré dans les tombes d’Ar-Rousafa.
Le califat d’Al-Mustansir bi-llâh Al-ʿAbbâsî (7), émir des croyants Abou Jaʿfar Mansour fils de Az-Zâhir Mohammed, fils de An-Nâsir Ahmed, lui fut confié le vendredi treizième jour de Rajab de cette même année, l’an six cent vingt-trois de l’Hégire, jour de la mort de son père. On le fit venir du palais (8) et les élites, tout comme le peuple, lui prêtèrent allégeance ; ce fut un jour mémorable. Il avait alors trente-cinq ans (9), cinq mois et onze jours. Il était parmi les hommes les plus élégants et les plus nobles d’apparence, tel que l’a décrit le poète [vers sur le mètre at-tawîl].