Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La fausseté évidente sous l’apparence de la vérité cachée, employée comme ruse et manigance, en qualifiant l’extermination et la dévastation d’« achèvement » et de « rectification », afin de réaliser des buts dont vous avez saisi l’occasion, arrachés aux griffes d’un lion intrépide et aux crocs d’un fauve majestueux. Vous vous accordez, avec des termes différents, sur un seul et même sens ; vous êtes ses dépositaires et ceux en qui il a confiance, et vous orientez son avis selon vos désirs (1). Vous mêlez votre fausseté (2) à sa vérité ; il vous obéit alors que vous lui désobéissez, et il vous approuve alors que vous vous opposez à lui. Maintenant, Dieu (3) – exalté soit-Il – a transformé votre crainte en sécurité, votre pauvreté en richesse, et votre mensonge en vérité. Il vous a accordé un pouvoir qui relève la faute (4) et ne châtie que celui qui s’obstine, ne se venge que de celui qui persiste. Il vous ordonne la justice, et Il la veut vraiment de vous ; Il vous interdit l’injustice, et Il la déteste pour vous. Il craint Dieu, exalté soit-Il, et vous met en garde (5) contre Son courroux ; Il place son espoir en Dieu et vous incite à L’adorer. Si vous suivez la voie des représentants des califes de Dieu sur Sa terre, ses fidèles dépositaires envers ses créatures, sinon vous périrez. Que la paix soit sur vous.

On trouva ensuite dans sa demeure des billets (6) scellés qu’il n’avait pas ouverts, afin de préserver l’honneur des gens et de les protéger des atteintes à leur réputation. Il laissa dix enfants, garçons et filles, dont l’aîné fut celui à qui l’on prêta serment de fidélité pour le califat, Abou Jaʿfar Al-Mansour, surnommé Al-Mustansir bi-llâh. Il fut lavé par le cheikh Mohammed Al-Khayyât, prédicateur, puis inhumé au palais du califat, avant d’être transféré dans les tombes d’Ar-Rousafa.

Le califat d’Al-Mustansir bi-llâh Al-ʿAbbâsî (7), émir des croyants Abou Jaʿfar Mansour fils de Az-Zâhir Mohammed, fils de An-Nâsir Ahmed, lui fut confié le vendredi treizième jour de Rajab de cette même année, l’an six cent vingt-trois de l’Hégire, jour de la mort de son père. On le fit venir du palais (8) et les élites, tout comme le peuple, lui prêtèrent allégeance ; ce fut un jour mémorable. Il avait alors trente-cinq ans (9), cinq mois et onze jours. Il était parmi les hommes les plus élégants et les plus nobles d’apparence, tel que l’a décrit le poète [vers sur le mètre at-tawîl].

(1) A : "Vous imitez." et B : "Vous penchez vers votre piété." (2) A, B : "Leur fausseté." (3) B : "Et maintenant, Allah a remplacé." (4) A : "Alors il fut dit." (5) A, B : "Il n’a pas craint Allah le Très-Haut alors qu’il vous effrayait." (6) A, B : "Des lettres cachetées dans lesquelles aucune correspondance n’a été ouverte à cause d’un grand nombre de personnes loyales et autres." (7) Traduction de « al-Mustanṣir bi-llah » dans le commentaire des deux jardins (ar-Rawḍatayn) (213), et à la fin de « Miroir du temps » (Mirʾāt az-Zamān) (8/224), ainsi que dans « Les biographies des nobles personnages » (Siyar Aʿlām an-Nubalāʾ) (23/168-171), « Al-ʿIbar » (5/258-259), « Les étoiles brillantes » (an-Nujūm az-Zāhira) (7/109-117) et « Histoire des califes » (Tārīkh al-Khulafāʾ) (477-478). (8) A, B : "Les dons." (9) A, B : "Et il avait à ce moment-là trente-cinq ans ; ce qui est une erreur."
الباطل الجلي في صورة الحق الخفي، حيلةً ومكيدةً، وتسمية الاستئصال والاجتياح استيفاءً واستدراكًا لأغراض انتهزتم فرصها مختلسة من براثن ليث باسل، وأنياب أسد مهيب، تتفقون بألفاظ مختلفة على معنى واحد، وأنتم أمناؤه وثقاته فتميلون رأيه إِلى هواكم (١) ، وتمزجون باطلكم (٢) بحقه، فيطيعكم وأنتم له عاصون، ويوافقكم وأنتم له مخالفون، والآن قد بدل الله (٣) سبحانه بخوفكم أمنًا، وبفقركم غنى، وبباطلكم حقًا، ورزقكم سلطانًا يقيل (٤) العثرة، ولا يؤاخذ إِلا من أصر، ولا ينتقم إِلا ممن استمر، يأمركم بالعدل وهو يريده منكم، وينهاكم عن الجور وهو يكرهه لكم، يخاف الله تعالى فيخوِّفكم (٥) مكره، ويرجو الله تعالى ويرغبكم في طاعته، فإِن سلكتم مسالك نواب خلفاء الله في أرضه وأمنائه على خلقه، وإِلا هلكتم والسلام". ووجد في داره رقاع (٦) مختومة لم يفتحها سترًا للناس وردءًا عن أعراضهم (رحمه الله) . وقد خلف من الأولاد عشرة ذكورًا وإِناثًا، منهم ابنه الأكبر الذي بويع له بالخلافة من بعده أبو جعفر المنصور، ولقب بالمستنصر بالله. وغسله الشيخ محمد الخياط الواعظ، ودفن في دار الخلافة، ثم نقل إِلى الترب من الرصافة. خلافة المستنصر بالله العباسي (٧) أمير المؤمنين أبي جعفر منصور بن الظاهر محمد بن الناصر أحمد، بويع بالخلافة يوم مات أبوه يوم جمعة ثالث عشر رجب من هذه السنة، سنة ثلاث وعشرين وستمئة، استدعوا به من التاج (٨) فبايعه الخاصة والعامة من أهل الحل والعقد، وكان يومًا مشهودًا، وكان عمره يومئذ خمسًا وثلاثين سنة (٩) وخمسة أشهر وأحد عشر يومًا، وكان من أحسن الناس شكلًا وأبهاهم منظرًا، وهو كما قال القائل: [من الطويل]
(١) أ: فتمثلون. وب: فتميلون راية إِلى تقواكم. (٢) أ، ب: باطلهم. (٣) ب: والآن فقد أبدل الله. (٤) أ: فقيل. (٥) أ، ب: فلم يخاف الله تعالى وهو يخوفكم. (٦) أ، ب: رقاعًا مختومة لم تفتح فيها سعايات إِليه بسبب أناس كثيرة من الولاء وغيرهم. (٧) ترجمة المستنصر بالله في ذيل الروضتين (٢١٣) وذيل مرآة الزمان (٨/ ٢٢٤) وسير أعلام النبلاء (٢٣/ ١٦٨ - ١٧١) والعبر (٥/ ٢٥٨ - ٢٥٩) والنجوم الزاهرة (٧/ ١٠٩ - ١١٧) وتاريخ الخلفاء (٤٧٧ - ٤٧٨). (٨) أ، ب: المناح. (٩) أ، ب: وكان عمره يومئدٍ خمس وثلاثون سنة؛ وهي خطأ.

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