Il acquiesça donc à cette requête.
(1) Le cadi Muḥyī al-Dīn Ibn al-Jawzī se rendit auprès du roi al-Kāmil en Égypte. C’était sa première arrivée au Šām et en Égypte. Il reçut alors de nombreux présents de la part des souverains, et grâce à l’un d’eux fut érigée sa madrasa al-Jawziyya dans le quartier des Nashabīn à Damas.
Au cours de cette même année :
(2) Shams ad-Dīn [Muḥammad ibn] Qazghalī, petit-fils (sibṭ) d’Ibn al-Jawzī, fut nommé enseignant à la Šiblīyya as-Safḥ, par décret du roi al-Muʿaẓẓam. Le premier jour, les juges et les notables se présentèrent à son inauguration.
Décès du calife al-Ẓāhir [et califat de son fils al-Mustanṣir]
(3) La mort du calife (4) (qu’Allāh lui fasse miséricorde) eut lieu le vendredi matin, le treizième jour de Rajab de cette même année, c’est-à-dire l’an 623 de l’Hégire. Les gens ne furent informés de son décès qu’après la prière ; ce jour-là, les prédicateurs invoquèrent Dieu pour lui sur les chaires, selon l’usage. Son califat avait duré neuf mois et quatorze jours ; il était alors âgé de cinquante-deux ans. Parmi les Banū al-ʿAbbās, il était le plus vertueux en conduite, le plus sincère en disposition, le plus généreux, et le plus attrayant tant par son apparence que par sa prestance. Si son règne s’était prolongé, la communauté se serait grandement améliorée sous son autorité. Mais Dieu voulut l’honorer et le rapprocher de Lui, choisissant pour lui ce qu’il y a auprès de Lui, et lui accordant Sa grâce et Son soutien.
Nous avons déjà rappelé les mesures qu’il avait prises au début de son califat : la libération des biens du Trésor, la restitution des biens injustement confisqués, l’abolition de certaines taxes, l’allègement de l’impôt imposé au peuple, le paiement des dettes pour ceux qui en étaient incapables, la bienfaisance envers les savants et les pauvres, et la nomination de personnes pieuses et intègres.
Il avait aussi rédigé un écrit pour les gouverneurs, dans lequel il disait : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Sachez que si Nous vous accordons un sursis, ce n’est pas de la négligence ; si Nous fermons les yeux, ce n’est pas par insouciance, mais afin de vous éprouver pour voir lequel d’entre vous agira pour le mieux. Nous vous avons pardonné ce qui s’était passé : la dévastation des provinces, la dispersion des administrés, la dégradation de la réputation et l’apparition… »