Il réalisa la construction de la fontaine (al-Fawāra) et de sa mosquée, ainsi que l’édification du grand sanctuaire de la Mazzah. Il subit un revers de fortune et fut destitué en l’an 615 de l’Hégire. Il demeura ainsi écarté de ses fonctions jusqu’à cette année, durant laquelle il s’éteignit(1). On vantait sa conduite, mais certains disaient qu’il fut injuste ; Dieu seul le sait.
Abou Isḥāq Ibrāhīm ibn al-Muẓaffar(2) ibn Ibrāhīm ibn ʿAlī, connu sous le nom d’Ibn al-Barnī(3), le prédicateur de Bagdad, étudia la discipline auprès de son maître Abou l-Faraj ibn al-Jawzī et entendit quantité de ḥadīth. On rapporte de lui ces vers, consacrés à l’ascèse(4) :
« Cette vie d’ici-bas n’est pas un séjour de réjouissance… Alors prends garde à ses ruses(5) et à ses tromperies.
Tantôt l’homme s’y sent heureux de lui-même, et il jouit de ses biens avec délectation.
Jusqu’à ce qu’elle l’abreuve du breuvage de la mort, qu’elle lui refuse ensuite toute subsistance(6).
Le voilà captif de ce que ses mains ont commis : il est impuissant face à ce qui l’a frappé(7).
S’il pouvait parler, il dirait depuis sa tombe : que l’homme s’efforce de bien agir tant qu’il le peut(8). »
Al-Bahāʾ as-Sinjārī(9), Abou l-Saʿādāt Asʿad ibn Yaḥyā(10) ibn Mūsā, jurisconsulte shafiʿite et poète.
Ibn Khallikān(11) dit de lui : « Il était juriste et s’exprimait dans les débats de divergence (khilāf). Cependant, la poésie finit par l’emporter chez lui ; il y excellait, se fit connaître par ses vers et servit ainsi les rois. Il reçut d’eux des gratifications et parcourut divers pays. Il a laissé un recueil (dīwān) conservé dans la Turba al-Ashrafiyya à Damas. » Parmi ses poèmes subtils et délicats(12), on cite :
[Extrait du mètre al-kāmil]