Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’intention est que, lorsqu’ils la virent porter son enfant, ils dirent : « Ô Marie, tu as fait là quelque chose de monstrueux » (cf. verset : “يَا مَرْيَمُ لَقَدْ جِئْتِ شَيْئًا فَرِيًّا” – Coran 19:27). Le terme « فَرِيَّة » (al-fariyya) désigne un acte gravement répréhensible, tant dans les faits que dans les paroles (1).

Puis ils lui dirent : « Ô sœur de Hârûn ! » Il a été rapporté (2) qu’ils la comparèrent à un dévot de leur époque qui rivalisait avec elle en piété et portait le nom de Hârûn. On a également dit qu’ils la comparèrent à un homme dépravé de leur temps nommé Hârûn, comme l’a mentionné Saʿīd ibn Jubayr. D’autres ont soutenu qu’ils voulaient faire allusion à Hârûn, frère de Moïse, en indiquant qu’elle lui ressemblait dans l’adoration. Mohammad ibn Kaʿb al-Qurazî s’est trompé en prétendant qu’elle était la sœur de Moïse et de Hârûn par la filiation, car une très longue période sépare Moïse de Marie. Cela ne saurait échapper au plus modeste savant, et devrait le dissuader de cette opinion choquante. Il semble qu’il se soit mépris du fait que, dans la Torah, il est rapporté que Marie, la sœur de Moïse et de Hârûn, joua du tambourin le jour où Dieu sauva Moïse et son peuple, et noya Pharaon et les siens. Il a cru qu’il s’agissait de la même Marie ; or, c’est une confusion extrême, contraire à la fois au hadith authentique et au texte coranique, comme nous l’avons expliqué en détail dans le « Tafsîr » (3). Louange et grâce à Dieu.

Par ailleurs, un hadith authentique atteste qu’elle avait bien un frère (4) nommé Hârûn. Rien, dans le récit de sa naissance ou la manière dont sa mère l’avait vouée à Dieu, n’indique qu’elle n’eût pas d’autre frère qu’elle. Dieu est plus savant.

L’imam Ahmad (5) a rapporté : « ʿAbd Allâh ibn Idrîs nous a transmis ce qu’il a entendu de son père, d’après Sammâk, d’après ʿAlqama ibn Wâʾil, d’après al-Mughîra ibn Shuʿba (6), qui a dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) m’envoya à Najrân. Ses habitants me dirent : ‘Que penses-tu de ce que vous récitez : Ô sœur de Hârûn, alors que Moïse a précédé Jésus de tant d’années ?’ J’en fis part, à mon retour, au Messager de Dieu (ﷺ) qui me répondit : ‘Ne leur as-tu pas dit que, jadis, on donnait aux enfants les noms des prophètes et des pieux qui avaient vécu avant eux ?’” » Ce hadith a également été rapporté par Muslim (7), an-Nasâ’î (8) et at-Tirmidhî (9) via le hadith de ʿAbd Allâh ibn Idrîs. At-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith bon et authentique ; il est singulier et nous ne le connaissons que par sa chaîne de transmission. »

(1) Dans al-Lisān (Fārā): al-Farīyyu : la chose importante... Mukhaṣṣṣāt ar-Rāghib al-Aṣbahānī (393). Et dans le Tafsīr de al-Ṭabarī (16/58). (2) Al-Ṭabarī rapporte la plupart des interprétations données pour ce verset (16/58-59). (3) Tafsīr Ibn Kathīr (3/119). Le ḥadīth invoqué par Ibn Kathīr dans son interprétation est la parole du Prophète ﷺ : « Je suis plus proche des gens du fils de Maryam parce qu'il n'y a pas entre lui et moi de prophète. » La chaîne de transmission de ce ḥadīth a été examinée précédemment (p. 206) (v. 14). (4) Ainsi dans B et Ṭ. Dans A : « qu'elle a un frère ». Il y a une erreur grammaticale évidente dans ce passage. (5) Al-Musnad (4/252). (6) Dans B est ajoutée : « selon ‘Alī », cette addition n'est pas stable dans le Musnad d'Aḥmad. (7) Ṣaḥīḥ Muslim n° (2135) dans les Adab, chapitre de l'interdiction de prendre comme kunyah Abū al-Qāsim et l'explication des noms recommandés. (8) Dans son Tafsīr (355), c’est dans al-Kubrā (11315). (9) N° (3155) dans le Tafsīr al-Qurʾān, sous le chapitre « et de sourate Maryam ».
والمقصود أنهم لما رأَوها تحملُ معها ولدها ﴿يَامَرْيَمُ لَقَدْ جِئْتِ شَيْئًا فَرِيًّا﴾ والفرْيَةُ: هي الفعْلةُ المنكرة العظيمة من الفعال والمقال (١) . ثم قالوا لها: ﴿يَاأُخْتَ هَارُونَ﴾ قيل (٢) : شَبَّهُوها بعابدٍ من عُبَّادِ زمانهم كانت تُساميه في العبادة، وكان اسمه هارون. وقيل: شبَّهوها برجل فاجرٍ في زمانهم اسمه هارون، قاله سعيد بن جبير. وقيل: أرادوا بهارون أخا موسى، شبَّهوها به في العبادة. وأخطأ محمد بن كعب القرظي في زعمه أنها أخت موسى وهارون نسبًا، فإن بينهما من الدهور الطويلة ما لا يخفى على أدنى من عنده من العلم مايرده عن هذا القول الفظيع، وكأنه غره أن في التوراة أن مريم أخت موسى وهارون ضربت بالدف يوم نجّا اللّهُ موسى وقومَه وأغردتى فرعونَ وملأه، فاعتقد أن هذه هي هذه، وهذا في غاية البُطْلان والمخالفة للحديث الصحيح مع نص القرآن كما قررناه في "التفسير" (٣) مطولًا. ولله الحمد والمنة. وقد ورد الحديث الصحيح الدال على أنه قد كان لها أخ (٤) اسمه هارون وليس في ذكر قصّة ولادتها وتحرير أمّها لها ما يدلّ على أنها ليس لها أخ سواها والله أعلم. قال الإمام أحمد (٥) : حَدَّثَنَا عبد الله بن إدريس، سمعت أبي يذكره عن سماك، عن علقمة بن وائل، عن المغيرة بن شعبة (٦) قال: بعثني رسول اللّه ﷺ إلى نجران، فقالوا: أرأيت ما تقرؤون ﴿يَاأُخْتَ هَارُونَ﴾، وموسى قبلَ عيسى بكذا وكذا؟ ! قال: فرجعت فذكرت ذلك لرسول الله ﷺ فقال: "أَلَا أَخْبَرْتَهُمْ أَنَّهُم كَانُوا يُسَمّونَ بِالأنْبِياءَ والصَّالِحِيْنَ قَبْلَهُمْ" . وكذا رواه مسلم (٧) ، والنسائي (٨) والترمذي (٩) من حديث عبد الله بن إدريس، وقال الترمذي: حسن صحيح غريب لا نعرفه إلا من حديثه.
(١) في اللسان (فرا): الفَرِيُّ: الأمر العظيم .. مفردات الراغب الأصبهاني (٣٩٣). وتفسير الطبري (١٦/ ٥٨). (٢) أورد الطبري معظم ما قيل في تفسير هذه الآية (١٦/ ٥٨ - ٥٩). (٣) تفسير ابن كثير (٣/ ١١٩). والحديث الذي استدل به ابن كثير في التفسير، قوله ﷺ : "أنا أولى الناس بابن مريم لأنه ليس بيني وبينه نبي". وتقدم تخريج هذا الحديث (ص ٢٠٦)، (ت ١٤). (٤) كذا في ب و ط. وفي أ: على أن لها أخ. وفيه خطأ نحوي بيّن. (٥) المسند (٤/ ٢٥٢). (٦) زاد في ب: عن علي، وليست ثابتةً في مسند أحمد هذه الزيادة. (٧) صحيح مسلم رقم (٢١٣٥) في الآداب، باب النهي عن التكني بأبي القاسم وبيان ما يستحب من الأسماء. (٨) في تفسيره (٣٥٥) وهو في الكبرى (١١٣١٥). (٩) رقم (٣١٥٥) في تفسير القرآن، باب ومن سورة مريم.

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