Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ainsi, vous avez fait ceci à tel endroit, au point que certaines personnes ou (1) la plupart d’entre elles pensaient qu’il était informé (2) ou qu’un djinn lui transmettait cela. Dieu est plus savant (3).

Le califat d’al-Ẓāhir fils d’al-Nāṣir (4) : Lorsque le calife an-Nāṣir li-Dīn Allāh décéda, il avait déjà désigné pour lui succéder son fils Abū Naṣr Muḥammad, surnommé al-Ẓāhir, et on prêcha en son nom sur les chaires. Puis il le démit au profit de son frère ʿAlī, lequel mourut du vivant de leur père en l’an douze. Il fallut donc rétablir Abū Naṣr pour l’héritage (5) du pouvoir et on pria de nouveau pour lui. Lorsque [son père] décéda, [on] lui prêta serment d’allégeance au califat, et il avait alors cinquante-deux ans. Jamais personne (6) parmi les Banū al-ʿAbbās n’assuma le califat en étant plus âgé que lui. Il était sensé (7), digne, pieux, juste et bienfaisant : il rétablit de nombreux droits spoliés et supprima des taxes que son père avait instaurées, menant parmi la population une politique équitable (8). On dit même : « Après ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, on ne connut personne de plus juste que lui, s’il avait eu un règne plus long ! » Toutefois, il ne resta pas au pouvoir un an entier, son règne n’ayant duré que neuf mois. Il annula l’arriéré d’impôts sur les terres en friche et exonéra les habitants d’une seule localité, Baʿqūbā (9), d’une somme de soixante-dix mille dinars que son père leur avait imposée en supplément. Or, la balance (10) du trésor dépassait celle du pays de la moitié d’un dinar pour chaque cent quand on prélevait ou que l’on versait, tandis qu’on utilisait la balance du pays au moment de rendre la mesure. Al-Ẓāhir écrivit alors au bureau : « Malheur aux fraudeurs (1) qui, lorsqu’ils reçoivent à la mesure, exigent la pleine quantité (2), mais qui, lorsqu’ils mesurent ou pèsent pour les autres, diminuent (3). Ne pensent-ils donc pas qu’ils seront ressuscités (4) en un jour immense (5), le jour où les hommes se tiendront devant le Seigneur de l’Univers ? » [al-Muṭaffifīn : 1-6].

L’un des secrétaires lui écrivit alors : « Ô Commandeur des croyants, la différence par rapport à l’an passé s’élève à trente-cinq mille. » Il envoya un ordre pour le réprimander et déclara : « Laisse ainsi, même si la différence devait atteindre trois cent cinquante mille (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). »

(1) A, B : ou beaucoup d'entre eux et la plupart. (2) Ceci relève des exagérations. (3) Il s'agit d'un propos rapporté par les historiens, qui constitue une interprétation naïve ; il est connu que al-Nâṣir accordait une grande attention au service des renseignements et utilisait de nombreux espions (Bachâr). (4) La biographie d’al-Ẓāhir sera présentée dans « Wafayāt » pour l’année 623. (5) B : à la succession au trône. (6) Ṭ : sécurité. (7) B : c’était un savant raisonnable. (8) A, B : et il traita les gens avec bonté. (9) Ṭ : Ba‘qûba ; une altération, et comme le dit Yâqût : Ba‘qûba est un village situé à dix farsakhs de Bagdad, sur la route de Khorasan. Cf. Muʿjam al-Buldān (2/452). Sa définition a déjà été présentée. (10) Ṣanja est un terme pour la balance, et sanjatuh est une forme persane arabisée. Ibn al-Sikkīt a dit qu’on ne doit pas dire sanja. Cf. al-Miṣbāḥ al-Munīr (sanj) et al-Lisān (ṣanj). Certains affirment que c’est plutôt sinn qui est plus correct. Ṣanja al-mīzān : son étalon. Cf. Mukhtār al-Ṣaḥāḥ (sanj).
كذا، وفعلتم في الموضع الفلاني كذا، حتى ظنَّ بعض الناس أو (١) أكثرهم أنه كان يكاشَفُ (٢) أو أن جنِّيًا يأتيه بذلك، والله أعلم (٣) . خلافة الظاهر بن الناصر (٤) لما توفي الخليفةُ الناصرُ لدين الله كانَ قد عهد إِلى ابنه أبي نصر محمد هذا ولقبه بالظاهر، وخُطب له على المنابر، ثم عزله عن ذلك بأخيه علي، فتوفي في حياة أبيه سنة ثنتي عشرة، فاحتاج إِلى إِعادة هذا لولاية (٥) العهد فخطب له ثانيًا، فحين توفي [أبوه] بويع [له] بالخلافة، وعمره يومئذ ثنتان وخمسون سنة، فلم يل الخلافة أحد (٦) بني العباس أسنّ منه، وكان عاقلًا (٧) وقورًا دينًا عادلًا محسنًا، ردّ مظالم كثيرة وأسقط مكوسًا كان قد أحدثها أبوه، وسار في الناس سيرة حسنة (٨) ، حتى قيل: إِنه لم يكن بعد عمر بن عبد العزيز أعدلَ منه لو طالت مدّته، لكنه لم يحل إِلى الحول، بل كانت مدته تسعة أشهر، أسقط الخراج الماضي عن الأراضي التي قد تعطَّلت، ووضع عن أهل بلدة واحدة وهي بَعْقُوبا (٩) سبعين ألف دينار كان أبوه قد زادها عليهم في الخراج، وكانت صنجة (١٠) المخزن تزيد على صنجة البلد نصف دينار في كل مئة إِذا قبضوا وإِذا أقبضوا دفعوا بصنجة البلد، فكتب إِلى الديوان ﴿وَيْلٌ لِلْمُطَفِّفِينَ (١) الَّذِينَ إِذَا اكْتَالُوا عَلَى النَّاسِ يَسْتَوْفُونَ (٢) وَإِذَا كَالُوهُمْ أَوْ وَزَنُوهُمْ يُخْسِرُونَ (٣) أَلَا يَظُنُّ أُولَئِكَ أَنَّهُمْ مَبْعُوثُونَ (٤) لِيَوْمٍ عَظِيمٍ (٥) يَوْمَ يَقُومُ النَّاسُ لِرَبِّ الْعَالَمِينَ﴾ [المطففين: ١ - ٦] . فكتب إِليه بعض الكتاب يقول: يا أمير المؤمنين إِن تفاوت هذا عن العام الماضي خمسة وثلاثون ألفًا، فأرسل ينكر عليه ويقول: هذا يترك وإِن كان تفاوته ثلاثمئة ألف وخمسين ألفًا، (رحمه الله) .
(١) أ، ب: أو كثير منهم وأكثرهم. (٢) هذا من المبالغات. (٣) هذا كلام تناقله المؤرخون، وهو تفسير ساذج، والمعروف عن الناصر أنه كان شديد العناية بجهاز المخابرات، وكان يكثر من الجواسيس (بشار). (٤) سترد ترجمة الظاهر في وفيات سنة ٦٢٣. (٥) ب: إِلى ولاية العهد. (٦) ط: أمن. (٧) ب: كان عالمًا عاقلًا. (٨) أ، ب: وسار في الناس حسنًا. (٩) ط: بعقوبا؛ تحريف، وهي كما يقول ياقوت: بعقوبا: قرية بينها وبين بغداد عشرة فراسخ من أعمال طريق خراسان. معجم البلدان (٢/ ٤٥٢) وقد تقدم تعريفها. (١٠) صنجة الميزان وسنجته فارسي معرب. وقال ابن السكيت: ولا يقال سنجة. المصباح المنير (سنج) واللسان (صنج) وقيل: بل السين أفصح وصنجة الميزان: معياره. مختار الصحاح (سنج).

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