Il arriva à Bagdad, s’appliqua à l’étude au sein de l’école an-Niẓāmiyya et y dispensa l’enseignement. Il possédait une connaissance des différentes lectures coraniques et composa un ouvrage sur les points d’articulation des lettres. Il transmit également le ḥadith et avait une poésie raffinée.
Abū Bakr ibn Ḥalba al-Mawāzinī al-Baġdādī était un spécialiste unique en son genre dans le domaine de la géométrie et de la conception de balances. Il inventait des objets étonnants, au point de percer un seul grain de pavot de sept trous et d’insérer dans chacun d’eux un cheveu. Il bénéficiait d’une grande faveur auprès du pouvoir.
Aḥmad ibn Jaʿfar ibn Aḥmad (1) ibn Muḥammad, Abū al-ʿAbbās ad-Dubaythī (2) al-Bayyiʿ al-Wāsiṭī, fut un cheikh lettré et vertueux, à la fois poète et prosateur. Il était versé dans l’histoire et les récits et possédait de nombreux ouvrages de grande valeur. Il composa un commentaire en trois volumes sur un poème d’Abū l-ʿAlāʾ al-Maʿarrī. Ibn as-Sāʿī a rapporté de lui une poésie belle, éloquente, agréable à l’oreille et délicate au cœur.
[Puis débuta l’année six cent vingt-deux (622) de l’Hégire]
Cette année-là, les Khwārazmiens parvinrent avec Jalāl ad-Dīn ibn Khwārazm Shāh depuis l’Inde, après avoir été vaincus par les Tatars. Ils pénétrèrent alors dans la région du Khūzistān et des environs de l’Irak, y semèrent la dévastation, assiégèrent ses villes et pillèrent ses villages (3).
Au cours de cette même année, Jalāl ad-Dīn ibn Khwārazm Shāh s’empara des contrées d’Azerbaïdjan et d’une grande partie du territoire des Kurj (les Géorgiens). Il vainquit ces derniers, qui comptaient soixante-dix mille combattants, et en fit périr vingt mille. Son pouvoir s’affermit considérablement, et sa renommée grandit. Il prit Tiflis et y massacra trente mille personnes. Abū Shāma raconte qu’il aurait tué soixante-dix mille Géorgiens au cours de la bataille et exterminé cent mille personnes à Tiflis (4). Il fut alors occupé par cette expédition et ne put se diriger vers Bagdad. En effet, lorsqu’il assiégea Dakūqā, ses habitants l’avaient injurié ; il s’empara donc de la ville de force (6), y massacra une foule de ses habitants et mit son rempart en ruines. Il projeta ensuite de marcher sur le calife à Bagdad, car il prétendait que ce dernier avait poussé à la perte de son père, ce qui avait favorisé la mainmise des Tatars (7) sur la région. Il envoya une missive à al-Muʿaẓẓam ibn al-ʿĀdil pour le convier à combattre le calife et l’y inciter, mais al-Muʿaẓẓam s’y refusa. Lorsque le calife apprit que Jalāl ad-Dīn ibn Khwārazm se dirigeait vers Bagdad,