Il n’existe aucun arbre parmi tous les arbres plus noble auprès de Dieu que l’arbre sous lequel Marie, fille d’Imrân, s’est installée (1).
De même, Abû Ya‘lâ l’a rapporté dans son « Musnad » (2) par l’intermédiaire de Shaybân ibn Farrukh, de Masrûq ibn Sa‘îd – et, dans une autre version, de Masrûr ibn Sa‘d – tandis que le nom correct est en réalité Masrûr ibn Sa‘îd at-Tamîmî. Ibn ‘Adî a mentionné ce hadith, qu’il transmit d’al-Awzâ‘î via cette même chaîne, puis déclara : « Il est inconnu en hadith, et je n’ai entendu parler de lui que dans ce seul récit. » Ibn Hibbân a également dit (3) : « Il rapporte d’al-Awzâ‘î quantité de propos réprouvés ; on ne peut s’appuyer sur le témoignage de celui qui les véhicule (4). »
Quant à Sa parole : « Faisons l’hypothèse que tu voies quelqu’un d’entre les humains : dis-lui “J’ai voué au Tout-Miséricordieux un jeûne, je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain.” » [Coran 19:26], il s’agit de la suite de la parole de Celui qui l’a interpellée d’en dessous d’elle, lorsqu’Il dit : « Mange et bois et réjouis-toi ; si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis-lui… » – c’est-à-dire en usant du langage du geste et de l’indication – : « J’ai voué au Tout-Miséricordieux un jeûne », c’est-à-dire un silence. En effet, dans leur loi antérieure, le jeûne consistait à s’abstenir de parler et de manger, ainsi que l’ont signalé Qatâda, as-Suddî et Ibn Aslam (5). Cela est corroboré par Sa parole : « Je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain. » En revanche, selon notre Loi, il est réprouvé pour la personne en jeûne de garder le silence du matin jusqu’au soir (6).
Puis Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Elle se présenta donc à son peuple en le portant (l’enfant). Ils dirent : “Ô Maryam ! Tu as commis une chose monstrueuse (27) ! Ô sœur de Hârûn, ton père n’était pas un homme de mal, et ta mère n’était pas une prostituée.” » [Coran 19:27-28] Selon nombre d’Anciens qui rapportent des informations venant des Gens du Livre, lorsqu’ils s’aperçurent qu’elle manquait parmi eux, ils partirent à sa recherche et passèrent par l’endroit où elle se trouvait, qu’éclairaient des lueurs. Une fois parvenus jusqu’à elle, ils la virent avec l’enfant et lui dirent : « Ô Maryam, tu as fait une chose inouïe ! », autrement dit une affaire grave et répréhensible. Ce qu’ils prétendirent alors est sujet à caution, car leurs dires se contredisent. En effet, le sens évident du Noble Coran indique qu’elle l’avait enfanté elle-même, puis qu’elle revint avec lui et le présenta à son peuple.
Ibn ‘Abbâs déclare : « Elle fit cela après s’être purifiée de ses lochies, quarante jours plus tard (7). »