Sa mère(1) était Asmâ’ bint Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Ṭâhir al-Qurashiyya(2), dont le père était connu sous le nom d’Abû al-Barakât ibn al-Rân(3). C’est lui qui rénova la mosquée d’al-Qadam en l’an 517 (de l’Hégire), et c’est là qu’il fut enterré avec elle. Une importante assemblée de savants y fut également inhumée(4). Elle était la sœur d’Âmina(5), la mère du qâḍî Muḥyî al-Dîn Muḥammad ibn ‘Alî ibn al-Zakî(6).
Le shaykh Fakhr al-Dîn se consacra dès son plus jeune âge à l’étude de la science noble auprès de son maître Quṭb al-Dîn Mas‘ûd al-Naysâbûrî(7). Par la suite, il épousa(8) la fille de ce dernier et enseigna à sa place à la madrasa al-Jârûkhiyya. C’est là qu’il résidait, dans l’une des deux salles qu’il avait construites, et c’est aussi là qu’il mourut, du côté occidental de l’iwân. Il enseigna ensuite à la Ṣalâḥiyya al-Nâṣiriyya à la Sainte Ville de Jérusalem, puis al-‘Âdil lui confia l’enseignement à la madrasa al-Taqwiyya, où l’élite des savants se réunissait autour de lui. Plus tard, il se consacra pleinement à la retraite, demeurant au sein de la grande mosquée dans une petite pièce attenante au mihrâb des Compagnons, où il se retirait pour le culte, l’étude et la délivrance de fatwas. Des gens de toutes régions venaient le consulter. Il invoquait souvent Dieu, était d’une grande rectitude et avait bonne prestance.
Il s’asseyait chaque lundi et chaque jeudi sous l’“Aigle” (al-Nisr), à la place de son oncle, pour faire écouter le hadith après la prière de l’après-midi. On y lisait avec lui “Dalâ’il al-Nubuwwa” et d’autres ouvrages. Il assistait aux assemblées de la Dâr al-Hadîth al-Nûriyya ainsi qu’à l’ouverture de la Mashhad Ibn ‘Urwa. Le roi al-‘Âdil le convoqua après avoir destitué son qâḍî Zakî al-Dîn(10) ibn al-Zakî, le fit asseoir à ses côtés lors du repas officiel et lui demanda d’assumer la fonction judiciaire à Damas. Le shaykh répondit qu’il devait d’abord consulter Dieu (pratiquer la prière d’istikhâra), puis il refusa. Cela contraria grandement le sultan, qui songea à lui nuire, jusqu’à ce qu’on lui dît : “Rends grâce à Dieu qu’il y ait dans tes terres un homme de cette trempe.”(11)(12)