Et tu dis (1) : « Mes besoins auprès de lui sont entravés si je ne le ménage pas. Laisse-le donc (2) et tourne-toi vers le Seigneur de ces besoins : ils seront satisfaits, même si le maître de la demeure le déteste. »
Parmi les vers que le cheikh Muwaffaq ad-Dîn – qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde et soit satisfait de lui – a récités pour lui-même, on rapporte (3) (mètre at-tawîl) :
(3) « Après la blancheur de mes cheveux, bâtirais-je une demeure autre que la tombe ? En vérité, si je le faisais, je serais fou.
Mon vieillissement m’annonce que bientôt je mourrai, et il me transmet fidèlement ma propre annonce funèbre.
(4) Chaque jour et chaque nuit, ma vie se déchire ; qui donc pourrait rapiécer ce qui se déchire ?
(5) C’est comme si je me voyais déjà, mon corps étendu sur le cercueil ; les uns silencieux, d’autres en pleurs se consumant de chagrin.
(6) Lorsqu’on les interroge à mon sujet, ils répondent en sanglotant, (7) et leurs larmes coulent : “C’est lui, al-Muwaffaq.”
On m’a alors enfoui dans une étroite fissure de la terre, et l’on m’a déposé dans une tombe qu’une pierre recouvre (8).
Le plus sûr des amis jette sur moi la terre, et celui qui me plaint me confie malgré tout au tombeau.
Ô Seigneur, sois mon compagnon au jour de ma solitude, car je crois véritablement à ce que Tu as révélé.
(9) Ne me nuit en rien le fait que je retourne à Dieu, Lui qui est envers moi et mes proches le plus bienfaisant, le plus clément.
(10) Fakhr ad-Dîn ibn ʿAsâkir (11), ʿAbd ar-Raḥmân ibn [Muḥammad ibn] al-Ḥasan ibn Hibat Allâh ibn ʿAsâkir, [Fakhr ad-Dîn], Abû Manṣûr ad-Dimachqî, était le maître (shaykh) des shaféites dans cette ville.