Dans cette même année, le seigneur d’Irbil (1) fut incité à s’opposer à al-Ashraf. Al-Ashraf lui écrivit pour le dissuader, mais il refusa, si bien qu’al-Ashraf rassembla des troupes pour le combattre.
En ces jours, Aqsîs al-Malik al-Mas‘ûd (2), le souverain du Yémen et fils d’al-Kâmil, se rendit du Yémen à La Mecque – que Dieu l’honore – et Hassân ibn Qatâda l’affronta dans la vallée de La Mecque, entre as-Safâ et al-Marwa. Aqsîs le vainquit et le dispersa, puis s’empara du pouvoir à La Mecque ainsi qu’au Yémen. Des événements terribles eurent lieu, et Hassân ibn Qatâda, meurtrier de son père, de son oncle et de son frère, fut contraint de fuir dans ces défilés et ces vallées.
Parmi les notables décédés cette année, on compte le cheikh et imam Muwaffaq ad-Dîn Ibn Qudâma al-Maqdisî (3), auteur de « al-Mughnî » en jurisprudence islamique. Il s’agit d’Abd Allâh ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Qudâma (4), le cheikh Muwaffaq ad-Dîn Abû Muhammad al-Maqdisî : un éminent savant, dont nul n’égala la science juridique à son époque, et peut-être même durant les décennies précédentes. Né à Jammâ‘îl (5) en sha‘bân de l’an 541, il arriva avec sa famille à Damas en 551, apprit le Coran et étudia un grand nombre de hadiths. Il se rendit deux fois en Irak : la première en l’an 561, accompagné de son cousin (6), le hâfiẓ ‘Abd al-Ghanî, et la seconde en 567. Il accomplit le pèlerinage en 573, poursuivit ses études de fiqh à Bagdad, suivant l’école de l’imam Ahmad, excella, délivra des avis juridiques et engagea des débats. Il s’illustra dans de nombreux domaines, tout en menant une vie d’ascèse, d’adoration, de piété, d’humilité, et faisait preuve de belles manières, de générosité, de pudeur, d’une noble apparence, de luminosité, ainsi que d’une pratique assidue de la récitation coranique, de la prière, du jeûne et de la prière nocturne. Il avait adopté une excellente conduite, fidèlement ancrée dans celle des pieux prédécesseurs, et il lui arriva des états et des révélations spirituelles.
L’imam ash-Shâfi‘î – que Dieu lui fasse miséricorde – a dit : « Si les savants (7) qui mettent leur science en pratique ne sont pas les saints de Dieu, je ne sais pas qui d’autre pourrait l’être. »
Avec le cheikh al-‘Imâd, il dirigeait la prière dans le mihrab (8) consacré aux hanbalites. Puis, lorsque al-‘Imâd mourut, il assura seul cette fonction.