En cette année :
Le roi al-Muʿaẓẓam envoya le grand dignitaire aṣ-Ṣadr al-Bakrī, alors muḥtasib de Damas, auprès de Ǧalāl ad-Dīn ibn Ḫwārazm-Šāh pour solliciter son aide contre ses deux frères al-Kāmil et al-Ašraf, qui s’étaient ligués contre lui. Celui-ci lui répondit favorablement et, lorsque aṣ-Ṣadr revint, on lui attribua en plus la fonction de šayḫ aš-šuyūḫ.
Cette année-là, le roi al-Malik al-Masʿūd Aqsīs ibn al-Kāmil, souverain du Yémen, entreprit le pèlerinage. Il se rendit coupable dans le Sanctuaire sacré d’actes déplacés : il s’enivra et tira sur les pigeons de la mosquée avec des balles depuis le sommet du dôme de Zamzam. Lorsqu’il dormait dans la Demeure de l’émirat, on frappait les pèlerins qui parcouraient le masʿā avec le plat des épées pour ne pas le déranger durant son sommeil d’ivrogne – qu’Allāh le défigure ! Malgré tout cela, il demeurait imposant et respecté, et le pays jouissait, grâce à lui, de sécurité et de tranquillité. Il faillit brandir le drapeau de son père le jour de ʿArafa à côté de celui du calife, ce qui aurait provoqué un grave conflit ; il ne fut autorisé à gravir la montagne qu’en fin de journée, après de grands efforts.
En cette même année, une grande invasion de criquets eut lieu en Syrie, dévastant récoltes, fruits et arbres.
Durant cette période également, de nombreuses guerres éclatèrent entre les Qifǧāq et les Karǧ, entraînant des combats intenses causés par l’exiguïté des territoires des Qifǧāq.
De même, on investit Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Faḍlān de la fonction de qāḍī al-quḍāt (juge des juges) à Bagdad. Il revêtit l’habit d’investiture à la porte de la Dār al-Wizāra, en présence des notables et des dignitaires. Son acte de nomination fut lu devant eux, et Ibn as-Sāʿī l’a rapporté dans son intégralité.
Parmi les notables décédés au cours de cette année figurait ʿAbd al-Qādir ibn Dāwūd, Abū Muḥammad al-Wāsiṭī, le juriste šāfiʿite surnommé al-Muḥibb.