Et ces soixante-six années n’ont laissé aucun argument nous autorisant à nous adonner aux divertissements. On récitait également (d’après le mètre mujazʾ al-kāmil) :
« La science vient à tout être modeste et se refuse à quiconque la rejette, (1)
semblable à l’eau qui descend dans les vallées et ne s’élève pas sur les hauteurs. »
Puis survint l’année six cent dix-neuf. En cette année, on transféra le cercueil d’al-ʿĀdil depuis la Citadelle jusqu’à son tombeau dans la grande ‘Adiliyya. On pria d’abord sur lui sous l’Aigle dans la mosquée des Omeyyades, puis on l’emmena vers le tombeau susmentionné et on l’y enterra. L’école (2) n’était pas encore achevée, mais son édifice fut complété cette même année (3). Quant au professeur (4) qui y exerçait, il s’agissait du juge Jamāl al-Dīn al-Miṣrī, et le sultan al-Muʿaẓẓam assista à sa leçon. Il s’assit à la place d’honneur, avec à sa gauche (5) le juge et à sa droite (6) Jamāl al-Dīn al-Ḥaṣīrī, maître de la jurisprudence ḥanafite. Parmi les personnes présentes se trouvaient le cheikh Taqī al-Dīn Ibn al-Ṣalāḥ (7), l’imam du sultan, et le cheikh Sayf al-Dīn al-Āmidī (8), placé aux côtés du professeur, ainsi qu’à ses côtés Shams al-Dīn Ibn Sanī al-Dawla (9), puis al-Najm Khalīl (10), juge de l’armée. Au-dessous de al-Ḥaṣīrī était assis Shams al-Dīn Ibn al-Shīrāzī (11), puis Muḥyī al-Dīn Ibn al-Zakkī (12). Beaucoup de notables et de dignitaires étaient également présents, parmi lesquels Fakhr al-Dīn Ibn ʿAsākir (13).