Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Bien qu’elle fût, aux yeux des gens, l’une des femmes dévouées à l’adoration et à la piété, demeurant dans la mosquée et s’y consacrant exclusivement en y pratiquant la retraite spirituelle, et bien qu’elle fût issue de la maison prophétique et de la droiture religieuse, elle fut accablée d’une affliction telle qu’elle désira être morte avant d’en arriver là, ou n’avoir jamais été créée, conformément à la parole : « quelque chose d’oublié » (nasyan mansiyyā).

Puis, dans Sa parole : « (فَنَادَاهَا مِنْ تَحْتِهَا) – alors il l’appela d’en dessous d’elle » (et il existe une autre lecture avec la préposition min taḥtihā (1)), la question se pose quant à l’identité de celui qui appelle : selon un premier avis, il s’agit de Jibrîl (2), comme le rapporte al-‘Awfî d’après Ibn ‘Abbâs. C’est également ce qu’affirment Sa‘îd ibn Jubayr, ‘Amr ibn Maymûn, ad-Ḍaḥḥâk, as-Suddî et Qatâda. En revanche, selon Mujâhid, al-Ḥasan, Ibn Zayd et, dans une autre tradition, Sa‘îd ibn Jubayr, c’est son fils ‘Îsâ. Ibn Jarîr (3) a lui aussi penché pour cette opinion.

Dieu déclare ensuite : « (أَلَّا تَحْزَنِي قَدْ جَعَلَ رَبُّكِ تَحْتَكِ سَرِيًّا) – Ne t’afflige pas, ton Seigneur a fait couler un ruisseau sous toi », c’est-à-dire qu’Il l’interpella en lui disant : « Ne t’afflige pas, ton Seigneur a fait couler un cours d’eau à tes pieds. » D’après la majorité des savants (4), il s’agit d’un ruisseau ou d’un fleuve. Un ḥadîth rapporté par aṭ-Ṭabarânî évoque également cette interprétation, bien qu’il soit jugé faible, et c’est l’avis retenu par Ibn Jarîr (5), considéré comme le plus juste. Pour al-Ḥasan, ar-Rabî‘ ibn Anas, Ibn Aslam et d’autres, ce « sary » désignerait son fils, mais la première opinion est préférée, car le texte poursuit en mentionnant la nourriture et la boisson : « Mange et bois et réjouis-toi », indiquant ainsi la présence d’eau et de dattes.

Quant au tronc du palmier, on indique qu’il était sec ou peut-être qu’il portait déjà des fruits. Dieu est plus Savant. Il se peut aussi qu’il s’agît d’un palmier ne portant pas de fruits à ce moment-là, la naissance ayant eu lieu en hiver, période peu propice aux dattes. C’est ce que l’on comprend de la mention divine en guise de faveur : « qui fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres ». ‘Amr ibn Maymûn a d’ailleurs souligné qu’il n’est pas de meilleure nourriture pour la femme venant d’accoucher que les dattes et les fruits frais de ce palmier, se référant à ce verset (6).

Ibn Abî Ḥâtim rapporte d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Honorez votre tante, le palmier, car il est issu de la même terre qu’Âdam, et nul autre arbre n’est fécondé comme lui. » Le Prophète (ﷺ) a également déclaré : « Donnez à manger des dattes fraîches à vos femmes qui viennent d’accoucher ; s’il n’y a pas de dattes fraîches, qu’elles mangent des dattes sèches. »

= Elle sera éprouvée et mise à l'épreuve par cet enfant dont les gens ne la jugent pas compétente à gérer, et ne croient pas à son récit. Après avoir été pour eux une dévote pieuse, elle devient, à leur avis, une prostituée adultère, alors elle dit : « Hélas, que je fusse morte avant cela », c'est-à-dire avant cet état. (1) Abū ʿAmr, Ibn Kathīr, Ibn ʿĀmir et Abū Bakr ont lu « man taḥtahā » avec un fatha sur la mīm et la tāʾ. Les autres ont lu avec un kasra, preuve des lectures (441). (2) Al-Ṭabarī a recensé un groupe de partisans de cette opinion. Voir son Tafsīr (16/51-52). (3) Ibid., (16/52). (4) Tafsīr al-Ṭabarī (16/53). (5) Idem (16/54). (6) Mentionné par al-Ṭabarī dans son Tafsīr (16/55).
مع أنها قد كانت عندهم من العابدات الناسكات المجاورات في المسجد المنقطعات إليه المعتكفات فيه ومن بيت النبوة والديانة، فحملت بسبب ذلك من الهم ما تمنت أن لو كانت ماتت قبل هذا الحال أو كانت ﴿نَسْيًا مَنْسِيًّا﴾ أي لم تخلق بالكلية. وقوله: ﴿فَنَادَاهَا مِنْ تَحْتِهَا﴾ وقرئ ﴿مِنْ تَحْتِهَا﴾ على الخفض (١) ، وفي المضمر قولان: أحدهما أنه جبريل (٢) . قاله العَوْفيُّ عن ابن عباس قال: ولم يتكلّم عيسى إلا بحضرة القوم. وهكذا قال سعيد بن جبير وعمرو بن ميمون والضحاك والسدي وقتادة. وقال مجاهد والحسن وابن زيد وسعيد بن جبير في رواية: هو ابنها عيسى. واختاره ابن جرير (٣) . وقوله: ﴿أَلَّا تَحْزَنِي قَدْ جَعَلَ رَبُّكِ تَحْتَكِ سَرِيًّا﴾ أي ناداها قائلًا لها: لا تحزني، قد جعل ربك تحتك سريًا. قيل: النهر، وإليه ذهب الجمهور (٤) . وجاء فيه حديث رواه الطبراني لكنه ضعيف، واختاره ابن جرير (٥) وهو الصحيح. وعن الحسن والربيع بن أنس وابن أسلم وغيرهما أنه ابنها. والصحيح الأول لقوله: ﴿وَهُزِّي إِلَيْكِ بِجِذْعِ النَّخْلَةِ تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا﴾ فذكر الطعام والشراب ولهذا قال: ﴿فَكُلِي وَاشْرَبِي وَقَرِّي عَيْنًا﴾. ثم قيل: كان جذع النخلة يابسًا وقيل كانت نخلة مثمرة فاللّه أعلم. ويحتمل أنها كانت نخلة لكنها لم تكن مثمرة إذ ذاك، لأن ميلاده كان في زمن الشتاء وليس ذاك وقت ثمر، وقد يفهم ذلك من قوله تعالى على سبيل الامتنان ﴿تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا﴾. قال عمرو بن ميمون ليس شيء أجود للنفساء من التمر والرُّطَب، ثم تلا هذه الآية (٦) . وقال ابن أبي حاتم حَدَّثَنَا علي بن الحسين، حَدَّثَنَا شيبان، حَدَّثَنَا مسرور بن سعيد التميمي، حَدَّثَنَا عبد الرحمن بن عمرو الأوزاعي عن عروة بن رويم، عن علي بن أبي طالب قال: قال رسول الله ﷺ : "أَكْرِمُوا عَمَّتَكمُ النخْلةَ فإنها خُلِقَتْ من الطّينِ الذي خُلِقَ مِنْهُ آدمُ، ولَيْس مِنَ الشَّجَرِ شيءٌ يُلْقَحُ غيرَها" . وقال رسول الله ﷺ : "أَطْعِمُوا نِساءَكُم الوُلَّدَ الرُّطَبَ فإنْ لَمْ يَكُنْ رُطَبٌ فَتَمْرٌ،
= ستبتلى وتمتحن بهذا المولود الذي لا يحمل الناس أمرها فيه على السداد، ولا يصدقونها في خبرها، وبعد ما كانت عندهم عابدة ناسكة، تصبح عندهم - فيما يظنون - عاهرة زانية، فقالت: يا ليتني مت قبل هذا، أي قبل هذا الحال. (١) قرأ أبو عمرو وابن كثير، وابن عامر، وأبو بكر ﴿مَن تحتها﴾ بفتح الميم والتاء. وقرأ الباقون بكسر الميم والتاء حجة القراءات (٤٤١). (٢) عدد الطبري طائفة من أصحاب هذا القول. تفسيره (١٦/ ٥١ - ٥٢). (٣) تفسيره (١٦/ ٥٢). (٤) تفسير الطبري (١٦/ ٥٣). (٥) المصدر السابق (١٦/ ٥٤). (٦) ذكره الطبري في تفسيره (١٦/ ٥٥).

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