Dieu, le Créateur, nous a gratifiés d’une victoire qui nous est apparue (1) clairement,
et d’une grâce et d’une gloire éternelles (2).
Le visage du temps s’est illuminé après son austérité, et le visage du polythéisme, assombri par l’injustice, est devenu noir.
Et lorsque la vaste mer déborda avec ses tyrans, qu’elle se mit à écumer à travers les navires,
(3) Dieu suscita pour cette religion quelqu’un qui brandit sa détermination, affilée comme une épée nue.
(4) Alors, nul n’en réchappa hormis ceux qui ne furent plus que dépouilles gisant à terre, ou ceux que l’on voit désormais attachés.
Et la voix de l’univers clama sur toute la terre, élevant haut son appel à travers les deux horizons, disant :
« Ô adorateurs de Jésus, en vérité Jésus et sa communauté, ainsi que Moïse, servent tous (5) Mohammed. »
Abu Shâma (6) a dit : « Il m’est parvenu qu’il fit allusion, ce jour-là, à al-Mu‘azzam ‘Îsâ, à al-Ashraf Mûsâ et à al-Kâmil Muhammad, et il déclara : “Ceci est l’une des meilleures choses qui se soient produites.” » Cet événement se produisit le mercredi, dix-neuvième jour de Rajab de cette année. Les Francs se retirèrent alors à ‘Akkâ et dans d’autres [contrées]. Al-Mu‘azzam rentra en Syrie, et al-Ashraf et al-Kâmil se réconcilièrent (7) avec leur frère al-Mu‘azzam.
Cette même année, le roi al-Mu‘azzam nomma Jamâl ad-Dîn al-Misrî – qui était l’agent du Trésor public à Damas – comme juge (8) de cette ville. C’était un homme éminent et remarquable. Il siégeait tous les vendredis avant la prière à l’‘Adiliyya, dès que celle-ci était terminée, afin d’enregistrer les actes. Tous les témoins issus de leurs différents centres s’y rassemblaient, ce qui permettait aux particuliers de faire valider leurs documents en une seule fois. Qu’Allah le récompense pour cela.
[Parmi les notables décédés cette année, on compte] Yâqût al-Kâtib al-Mawsilî (9) – qu’Allah lui fasse miséricorde – Amîn ad-Dîn, célèbre pour suivre la méthode d’Ibn al-Bawwâb.