Au mois de Muharram de cette année, des vents soufflèrent à Bagdad, accompagnés d’éclairs et de violents tonnerres. Un éclair tomba alors sur le côté occidental, frappant le minaret adjacent à ‘Awn et Mu‘īn (1) et l’endommageant. On le répara ensuite, tandis que la foudre s’enfonçait dans le sol.
Cette même année, on installa le mihrab des hanbalites dans la troisième arcade de la partie occidentale de la Grande Mosquée de Damas (2), malgré l’opposition de certains. Toutefois, quelques émirs leur prêtèrent main-forte, parmi lesquels l’émir Rukn ad-Dīn al-Ma‘ẓamī, et c’est le cheikh Muwaffaq ad-Dīn Ibn Qudāma (3) qui y dirigea la prière.
J’ai dit : Puis, vers l’an trente sept cents (env. 730 de l’Hégire), on le retira et on les dédommagea avec le mihrab occidental qui se trouve près de la porte dite al-Ziyāda, tout comme on dédommagea les hanafites de leur ancien mihrab, situé dans la partie occidentale de la mosquée, en leur attribuant un mihrab reconstruit à l’est de la même porte. Cela se produisit lorsque le mur où il se trouvait fut restauré à l’époque de Tankiz, sous la direction du responsable de la mosquée, Taqī ad-Dīn Ibn Marājil — qu’Allāh lui accorde Sa récompense — comme nous le verrons en son lieu, si Dieu le veut.
Au cours de cette même année, le seigneur de Sindjār tua son frère et s’en empara seul ; il s’agit du malik al-Ashraf fils d’al-‘Ādil.
La même année, l’émir ‘Imād ad-Dīn Ibn al-Mashṭūb (4) manqua de loyauté envers le malik al-Ashraf qui, pourtant, l’avait accueilli et préservé des menaces de son frère al-Kāmil, lorsque celui-ci voulut prêter allégeance à al-Fāʼiz (5). Par la suite, ‘Imād ad-Dīn sema le désordre dans la région de Djazīra ; al-Ashraf l’emprisonna alors jusqu’à ce qu’il mourût, accablé par la honte, la tristesse et le tourment.
La même année encore, al-Kāmil porta un coup sévère aux Francs qui se trouvaient à Damiette, en tuant dix mille d’entre eux et en s’emparant de leurs chevaux et de leurs biens. Louange à Dieu pour cela.
Toujours cette année-là, al-Mu‘aẓẓam releva al-Mu‘tamid Mubaraz ad-Dīn Ibrāhīm (6) de son poste de gouverneur de Damas et nomma à sa place al-‘Azīz Khalīl. Lorsque les pèlerins prirent la route de La Mecque — que Dieu honore cette ville —, al-Mu‘tamid en était le chef. Cela eut des effets bénéfiques, car il empêcha les serviteurs de La Mecque de piller les pèlerins (7), après qu’ils eurent tué l’émir du pèlerinage irakien (8), Āqbāsh an-Nāṣirī (9), lequel était l’un des plus grands émirs du calife an-Nāṣir et jouissait de sa pleine confiance. En effet, il était arrivé avec des robes d’honneur destinées à l’émir Ḥasan (10) fils d’Abī ‘Azīz Qatāda ibn Idrīs ibn