Pour mettre en évidence la supériorité de Jésus (paix sur lui), en effet Dieu – Exalté soit-Il – lui a accordé la faculté de ressusciter les morts et de guérir l’aveugle-né ainsi que le lépreux. (Rapporté par Ibn Abî Hâtim.)
Il est relaté d’après Mujâhid que celui-ci a dit : « Marie a déclaré : ‘Lorsque j’étais seule, il (l’enfant) me parlait et m’adressait la parole. Mais lorsque je me trouvais parmi les gens, il glorifiait Dieu dans mon ventre.’ »
Ensuite, l’opinion la plus évidente est qu’elle l’a porté neuf mois, comme toute femme qui enfante à son terme ; s’il en avait été autrement, cela aurait été mentionné. Ibn ‘Abbâs et ‘Ikrima rapportent cependant qu’elle le porta durant huit mois. D’après Ibn ‘Abbâs (1), elle le conçut et l’accoucha aussitôt. D’après d’autres, elle l’aurait porté neuf heures seulement, en s’appuyant à ce sujet sur la Parole divine : « Elle le conçut, puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné (22). Puis les douleurs de l’enfantement la poussèrent vers le tronc du palmier. » Or, l’avis correct est que chaque événement suit son cours naturel, conformément au verset : « puis voici que la terre devient verdoyante » [Al-Ḥajj : 63].
De même, Dieu dit : « Nous avons créé de la goutte de sperme un caillot, puis Nous avons fait du caillot une masse de chair, puis Nous avons fait de la masse de chair des os, et Nous avons revêtu les os de chair, puis Nous en avons fait une création nouvelle. Béni soit Dieu, le Meilleur des créateurs » [Al-Mu’minûn : 14]. Il est d’ailleurs connu qu’il y a quarante jours entre chaque stade, ainsi qu’il est établi dans le ḥadith agréé (2).
Muḥammad ibn Isḥâq a dit : « Ensuite, son état (celui de Marie) devint notoire, et il se diffusa parmi les enfants d’Israël qu’elle était enceinte ; jamais une famille ne fut aussi éprouvée que celle de Zacharie. » Il poursuivit : « Certains impies l’accusèrent d’avoir fauté avec Joseph, qui se consacrait au culte avec elle dans la mosquée. Puis Marie se déroba à leurs regards, s’éloigna d’eux et se retira dans une contrée distante. »
Quant au verset : « Puis les douleurs de l’enfantement la poussèrent vers le tronc du palmier », il signifie que les contractions l’avaient conduite et contrainte à s’appuyer contre ce tronc. C’est ce que démontre le ḥadith rapporté par an-Nassâ’î, selon une chaîne de transmission acceptable, d’après Anas, et remontant jusqu’au Prophète (4), ainsi que celui rapporté par al-Bayhaqî, selon une chaîne authentifiée (5), d’après Shaddâd ibn Aws, également remontant au Prophète, qui situe l’événement à Bethléem (6). Plus tard, certains rois romains y construisirent l’imposant édifice que l’on peut voir aujourd’hui, comme nous le mentionnerons.
Enfin, Sa Parole : « Elle dit : “Que je meure avant cela et que je sois totalement oubliée !” » contient la preuve qu’il est permis de souhaiter la mort en cas de grandes épreuves (7). Car Marie savait que les gens l’accuseraient, ne la croiraient pas et la traiteraient de menteuse lorsqu’elle viendrait à eux avec un enfant dans les bras.