Le calife (1) fut alors laissé (2) en ruine. [Puis ils se rendirent à Hérat, y massacrèrent une multitude de gens et y établirent un gouverneur.] Ensuite, ils marchèrent sur Ghazna, où Jalâl ad-Dîn (fils de) Khwârazm Shâh les combattit et les vainquit, [si bien qu’ils retournèrent à Hérat et constatèrent que ses habitants s’étaient révoltés ; ils les massacrèrent donc jusqu’au dernier]. Ils retournèrent ensuite auprès de leur roi, Gengis Khan – que Dieu le maudisse, lui et ses hommes. Gengis Khan envoya alors une autre troupe vers la ville de Khwârazm ; ils l’assiégèrent jusqu’à la prendre de force et en tuèrent (3) un grand nombre, la pillèrent et réduisirent ses habitants en captivité (4). Ils ouvrirent aussi le barrage qui empêchait le cours de l’eau du Jïhûn, [ce qui inonda les maisons et entraîna la mort de tous leurs habitants, avant qu’ils ne rejoignent de nouveau Gengis Khan, installé (5) à Tâleqân].
Gengis Khan envoya ensuite une partie de ses forces à Ghazna, et Jalâl ad-Dîn (fils de) Khwârazm Shâh les affronta, leur infligea une lourde défaite et libéra un grand nombre de prisonniers musulmans. Puis il écrivit à Gengis Khan pour le défier de se présenter lui-même au combat. Gengis Khan se mit alors en marche ; ils s’affrontèrent, tandis qu’une partie de l’armée de Jalâl ad-Dîn avait déjà fait défection, ne lui laissant d’autre choix que de combattre. Les hostilités durèrent trois jours, à un degré de violence (6) dont on n’avait encore jamais été témoin chez eux. Finalement, les hommes de Jalâl ad-Dîn (7) faiblirent (8) et se retirèrent en empruntant la voie du fleuve Sind (9). Les Tatars se rendirent alors à Ghazna et la prirent (10) sans difficulté ni résistance (11). Tous ces événements, ou la plupart d’entre eux, se déroulèrent durant cette année.
La même année (12), al-Ashraf Mûsâ (13) fils d’al-‘Âdil laissa à son frère Shihâb ad-Dîn Ghâzî (14) la souveraineté sur Khilât, Miyâfâriqîn et les contrées arméniennes [dont Hânî] (15), et reçut en contrepartie ar-Ruhâ (Edesse) et Sarûj. Cette décision fut motivée par son incapacité à défendre ces territoires, étant absorbé par sa volonté d’assister son frère al-Kâmil et de le soutenir dans sa lutte contre les Francs – que Dieu les maudisse.