Formez une armée et joignez-vous à lui pour combattre ces Tatars (1). Al-Ashraf envoya alors au calife un message d’excuse, l’informant qu’il se dirigeait vers son frère al-Kāmil en terre d’Égypte, à cause de l’attaque que les Francs avaient infligée aux musulmans là-bas, et de leur prise de Damiette (2). En effet, ils étaient déjà sur le point de la conquérir (3), aux seuils de s’emparer de toute l’Égypte. Son frère al-Muʿaẓẓam était venu le trouver à Ḥarrān (4) pour lui demander d’aider leur frère al-Kāmil et ainsi contenir les Francs à Damiette, tandis que lui-même se préparait à se rendre en Égypte.
Le calife écrivit alors à Muẓaffar ad-Dīn, émir d’Irbil, afin qu’il prenne la tête des armées que le calife comptait envoyer, soit dix mille combattants. Or, seuls huit cents cavaliers parvinrent jusqu’à lui, puis ils se dispersèrent avant même de se rassembler. “Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.” Toutefois, la miséricorde divine se manifesta (5) lorsque les Tatars détournèrent leurs efforts vers Hamadān. Les habitants de la ville conclurent une trêve avec eux, et les Tatars y laissèrent (6) une garnison. Les gens de la ville se mirent ensuite d’accord pour tuer cette garnison. Les Tatars revinrent donc, les assiégèrent, prirent la ville de force et massacrèrent tous ses habitants. Puis ils se dirigèrent vers l’Azerbaïdjan, conquirent Ardabīl (7), puis Tabrīz (8), avant de marcher sur Bilqān (9), dans laquelle ils tuèrent un grand nombre d’habitants, incendièrent la ville, violaient les femmes avant de les tuer et éventraient celles qui portaient un enfant.
Ils se rendirent ensuite dans les contrées des Kurj (les Géorgiens), qui s’étaient préparés contre eux. La bataille s’engagea, et les Tatars les vainquirent de nouveau, leur infligeant une terrible défaite. Ils s’emparèrent de nombreuses localités, massacrant leurs habitants, réduisant les femmes en esclavage, et capturant des hommes pour les placer en première ligne lors de l’assaut des forteresses, s’en servant comme boucliers contre les tirs et autres projectiles. Ceux qui parvenaient à survivre étaient ensuite mis à mort à la fin des combats. Puis ils gagnèrent les territoires des Lān et des Qiptchāq (10), où ils livrèrent un grand affrontement et en sortirent victorieux. Ils mirent alors le cap sur la plus grande ville des Qiptchāq (11), qui est la cité