Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En nos temps, en un moment où tout un chacun est au courant (1) de cet événement, savants comme ignorants en ont une connaissance égale en raison de sa grande notoriété. Dieu a procuré aux musulmans et à l’islam ceux qui les protègent et veillent sur eux (2). En effet, ils ont subi de l’ennemi de terribles maux (3), et parmi les souverains musulmans, il ne leur est parvenu que ceux dont l’ambition ne dépasse pas le ventre et les plaisirs (4). [Et le sultan des musulmans, Khwârazm Shâh, faisait défaut] (5).

(6) Il dit : « L’année s’acheva alors qu’ils se trouvaient au pays des Kourj (Géorgie). Quand ils y rencontrèrent résistance et combat, ce qui devait durer longtemps, ils se détournèrent de leurs adversaires, ainsi qu’ils avaient coutume de le faire, pour se diriger vers Tabriz. Là, ses habitants firent la paix avec eux en leur abandonnant une somme d’argent. Ensuite, ils se rendirent à Marâgha, l’assiégèrent et dressèrent contre elle des mangonneaux, tout en se protégeant derrière des prisonniers musulmans. Or, la ville était gouvernée par une femme – et jamais un peuple qui confie ses affaires à une femme ne prospérera – si bien qu’ils prirent la ville au bout de quelques jours. Ils massacrèrent un grand nombre de ses habitants, dont Dieu seul connaît le nombre, s’emparèrent d’un butin considérable et, comme à leur habitude – que Dieu les maudisse d’une malédiction qui les conduise au feu de la Géhenne –, ils réduisirent en esclavage et emmenèrent des captifs. »

La terreur que les gens ressentaient à leur égard était si grande (7) qu’on raconte qu’un homme d’entre eux entra dans une ruelle de cette cité (8) où se trouvaient cent hommes, sans que quiconque osât s’avancer vers lui. Il les tua un par un, jusqu’à ce qu’il ne restât plus aucun d’entre eux, sans qu’aucun n’ait levé la main contre lui, et il pilla à lui seul toute la ruelle. De même, une femme de leur peuple, déguisée en homme, s’introduisit [dans une maison] (10) et y massacra seule tous les habitants. Or, un captif qui l’accompagnait comprit qu’elle était une femme et la tua. Que Dieu la maudisse !

Ensuite, ils se dirigèrent vers la ville d’Irbil, ce qui mit les musulmans dans une grande détresse. Les [habitants de ces] (11) contrées dirent alors : « Voilà qui est très éprouvant. » Le calife écrivit aux habitants de Mossoul et au roi al-Ashraf (12), maître de la Jazîra, en ces termes : « J’ai préparé… »

(1) A, B : un temps que chacun d'eux connaît. (2) A, B : Que Dieu facilite aux musulmans. (3) T : vers une grande affaire. (4) A, B : Et parmi les rois de l'Islam, vers celui qui ne dépasse pas. (5) Cette phrase apparaît dans une autre version chez Ibn al-ʿAthīr précédée de six lignes, que Ibn Kathīr a supprimées du discours d'Ibn al-ʿAthīr, se contentant de ce renvoi. (6) Ibn al-ʿAthīr (9/337) avec modification des termes tout en conservant le sens général de l'événement. (7) A, B : qu'un seul homme parmi eux est entré dans le sentier. (8) T : ce pays. (9) A : personne n'a pu. (10) A : vers une maison. Le terme est une correction contextuelle. (11) D'après T uniquement. (12) A, B : et de même al-Ashraf.
التاريخ في أزماننا هذه في وقت كل من فيه يعلم (١) هذه الحادثة، قد استوى في معرفتها العالم والجاهل لشهرتها، يَسَّرَ اللّهُ للمسلمين والإسلام مَنْ يحفظهم ويحوطهم (٢) ، فلقد دفعوا من العدو إِلى عظيم (٣) ، ومن الملوك المسلمين إِلى من لا تتعدى (٤) همتُه بطنَه وفرجَه، [وقد عدم سلطان المسلمين خوارزم شاه] (٥) . قال (٦) : وانقضت هذه السنة وهم في بلاد الكرج، فلما رأوا منهم ممانعة ومقاتلة يطول عليهم بها المطال عدلوا إِلى غيرهم، وكذلك كانت عادتهم فساروا إِلى تبريز فصالحهم أهلها بمال. ثم ساروا إِلى مراغة فحصروها ونصبوا عليها المجانيق وتترسوا بالأسارى من المسلمين، وعلى البلد امرأة - ولن يفلح قوم ولوا أمرهم امرأة - ففتحوا البلد بعد أيام وقتلوا من أهله خلقًا لا يعلم عدتهم إِلَّا اللّه – Exalté soit-Il – ، وغنموا منه شيئًا كثيرًا، وسَبوْا وأسروا على عادتهم لعنهم اللّه لعنة تدخلهم نار جهنم، وقد كان الناس يخافون منهم خوفًا عظيمًا جدًّا حتى [قيل] إِنه دخل رجل منهم (٧) إِلى درب من هذه البلدة (٨) وبه مئة رجل لم يستطع واحد (٩) منهم أن يتقدم إِليه، وما زال يقتلهم واحدًا بعد واحد حتى قتل الجميع ولم يرفع منهم أحد يده إِليه، ونهب ذلك الدرب وحده. ودخلت امرأة منهم في زي رجل [بيتًا] (١٠) فقتلت كل من في ذلك البيت وحدها ثم استشعر أسيرٌ معها أنها امرأةٌ فقتلها، لعنها اللّه. ثم قصدوا مدينة إِربل فضاق المسلمون لذلك ذرعًا وقال [أهل تلك] (١١) النواحي: هذا أمرٌ عصيبٌ، وكتب الخليفة إِلى أهل الموصل والملك الأشرف (١٢) صاحب الجزيرة يقول: إِني قد جهزتُ
(١) أ، ب: وقت يعلم كل من فيه. (٢) أ، ب: يسَّرَ اللّه للمسلمين. (٣) ط: إِلى أمر عظيم. (٤) أ، ب: ومن ملوك الإسلام إِلى من لا يتعدى. (٥) جاءت هذه العبارة برواية أخرى عند ابن الأثير وقبلها ستة أسطر، حذفها ابن كثير من كلام ابن الأثير واكتفيت بهذه الإشارة. (٦) ابن الأثير (٩/ ٣٣٧) بتغيير الألفاظ والمحافظة على المعنى العام للحدث. (٧) أ، ب: أنه دخل منهم رجل واحد إِلى درب. (٨) ط: هذه البلد. (٩) أ: لم يستطع أحد. (١٠) أ: إِلى بيت. واللفظة مستدركة للسياق. (١١) عن ط وحدها. (١٢) أ، ب: وكذلك الأشرف.

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