Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La région du Khurasan, que les Tatars nomment « al-Maghriba » (1), et il envoya une autre troupe à la poursuite de Khwarazm Shah. Ils étaient vingt mille. Il déclara : « Cherchez-le et rattrapez-le, fût-ce qu’il s’accroche au ciel. » Ils le poursuivirent donc et l’atteignirent (2). Un fleuve, le Jayhoun, les séparait, et Khwarazm Shah s’y sentait en sécurité. Ne trouvant pas de bateaux, ils fabriquèrent des sortes de bassins sur lesquels ils pouvaient poser leurs armes (3). L’un d’eux lâchait son cheval dans l’eau, s’accrochait à la queue de l’animal, lequel le tirait, tandis qu’il tirait lui-même le bassin contenant ses armes (4), jusqu’à ce qu’ils fussent tous passés de l’autre côté. Khwarazm Shah ne se rendit compte de leur présence que lorsqu’ils se mêlèrent à ses troupes. Il s’enfuit donc à Nishapur, puis ailleurs, tandis qu’ils le traquaient sans lui laisser le temps de rassembler ses forces (5). À chaque ville où il essayait de réunir son armée, ils arrivaient sur ses talons et il devait fuir de nouveau. Il finit par s’embarquer sur la mer de Tabaristan et gagna une forteresse située sur une île au milieu de cette mer, où il mourut (6).

On raconte aussi qu’une fois monté dans le bateau, personne ne sut ce qu’il advint de lui : il disparut sans qu’on sache où il était allé, ni vers quel refuge il se tourna. Les Tatars prirent alors ce qu’il laissait derrière lui (7). Dans son trésor, on trouva dix mille dinars et mille chargements d’atlas et autres tissus (8), ainsi que vingt mille chevaux et mules, et de nombreux serviteurs, concubines et tentes. Il possédait dix mille Mamelouks, chacun semblable à un roi, et tout cela fut dispersé (9). Khwarazm Shah était un jurisconsulte hanafite de grande valeur, versé dans diverses sciences, et doué d’une compréhension remarquable. Il avait régné sur de vastes territoires et de nombreux royaumes pendant vingt et un ans et quelques mois. Après les souverains seljoukides, nul ne fut plus honoré ni ne régna sur un royaume plus vaste, car il ne cherchait que la puissance et non les plaisirs ou les désirs (10). C’est pourquoi il vainquit les souverains de ces contrées et frappa durement le peuple des Khita, si bien qu’il ne subsistait plus à Khurasan, au-delà du fleuve, en Irak ajam ou ailleurs, aucun sultan hormis lui ; tous ces territoires étant administrés par ses délégués (11). Ils se dirigèrent ensuite vers le Mazandaran (12), dont les forteresses comptaient parmi les plus inexpugnables, au point qu’aucun musulman ne

(1) Ibn al-Athīr a dit (9/233) : « Parce qu'elles se sont dirigées vers l'ouest du Khurāsān. » (2) A : « Ils ont été conduits à sa recherche et l'ont atteint. » (3) A : « Ils les attaquent. » (4) A : « Dans l'eau. » (5) B : « Jusqu'à ce qu'il rassemble pour eux. » (6) A, B : « Et c'était. » (7) A, B : « Et il ne sait pas par où il est passé ni vers quel confluant — B : vers l'ouest — il s'est enfui et les Tatars ont dominé. » (8) Seule référence à T. (9) Ensuite, dans A : « en moins d'un an. » (10) A, B : « La plus grande interdiction sacrée. » (11) A, B : « Et à cause de cela. » (12) A : « Une main. » (13) La région des hautes montagnes qui s'étendent le long de la côte sud de la mer Caspienne était connue chez les anciens géographes arabes sous le nom de Ṭabaristān, ce qui signifie « pays de la montagne ». Au VIIe siècle, l'usage du nom Ṭabaristān paraît avoir cessé, remplacé par Māzandarān, et depuis lors Māzandarān est devenu le nom courant de cette région. Voir Muʿjam al-Buldān (5/41) et Bulḍān al-Khilāfa (409-410).
بلاد خراسان وتسميها التتار المغربة (١) ، وأرسل أخرى وراء خوارزم شاه، وكانوا عشرين ألفًا قال: اطلبوه فأدركوه ولو تعلَّق بالسماء فساروا وراءه فأدركوه (٢) وبينهم وبينه نهر جيحون وهو آمنٌ بسببه، فلم يجدوا سفنًا فعملوا لهم أحواضًا يحملون عليها (٣) الأسلحة ويرسل أحدهم فرسه ويأخذ بذنبها فتجره الفرس بالماء (٤) وهو يجر الحوض الذي فيه سلاحه، حتى صاروا كلُّهم في الجانب الآخر، فلم يشعر بهم خوارزم شاه إِلا وقد خالطوه، فهرب منهم إِلى نيسابور ثم منها إِلى غيرها وهم في أثره لا يمهلونه يجمع لهم (٥) فصار كلما أتى بلدًا ليجتمع فيه عساكره له يدركونه فيهرب منهم، حتى ركب في بحر طبرستان وسار إِلى قلعة في جزيرة فيه فكانت (٦) فيها وفاته. وقيل إِنه لا يعرف بعد ركوبه في البحر ما كان من أمره بل ذهب فلا يُدْرى أين ذهب، ولا إِلى أي مَفَرٍّ هرب، وملكت التتار (٧) حواصله فوجدوا في خزانته عشرة آلاف دينار، وألف حمل من الأطلس وغير (٨) وعشرون ألف فرس وبغل، ومن الغلمان والجواري والخيام شيئًا كثيرًا، وكان له عشرة آلاف مملوك كلُّ واحدٍ مثلُ ملك، فتمزَّقَ ذلك كله (٩) ، وقد كان خوارزم شاه فقيهًا حنفيًا فاضلًا له مشاركات في فنونٍ من العلم، يفهم جيدًا، و [قد] ملك بلادًا متسعة وممالك متعددة إِحدى وعشرين سنة وشهورًا، ولم يكن بعد ملوك بني سلجوق أكثر (١٠) حرمةً منه ولا أعظم مُلْكًا منه، لأنه إِنما كانت همته في الملك لا في اللذات والشهوات، ولذلك (١١) قهر الملوك بتلك الأراضي وأحلَّ بالخطا بأسًا شديدًا، حتى لم يبق ببلاد خراسان وما وراء النهر [وكذلك] عراق العجم وغيرها من الممالك سلطان سواه، وجميع البلاد تحت أيدي (١٢) نوابه. ثم ساروا إِلى مازندران (١٣) وقلاعها من أمنع القلاع، بحيث إِن المسلمين لم
(١) قال ابن الأثير (٩/ ٢٣٣): لأنها سارت نحو غرب خراسان. (٢) أ: فساقوا في طلبه فأدركوه. (٣) أ: يحملون عليهم. (٤) أ: في الماء. (٥) ب: حتى يجمع لهم. (٦) أ، ب: وكانت. (٧) أ، ب: ولا أين سلك ولا إِلى أي مقرن - ب: مغرب - إِليه هرب وملكت التتر. (٨) عن ط وحدها. (٩) بعدها في أ: في أقل من سنة. (١٠) أ، ب: أكبر حرمة. (١١) أ، ب: ولهذا. (١٢) أ: يد. (١٣) كانت منطقة الجبال العالية الممتدة في هذا الساحل الجنوبي لبحر قزوين تعرف لدى البلدانيين العرب الأولين بطبرستان، ومعناها بلاد الجبل. وفي المئة السابعة بطل استعمال اسم طبرستان على ما يظهر وحلَّ محلَّه مازندران، ومنذ ذلك الحين أصبح مازندران الاسم الشائع لهذا الإقليم. معجم البلدان (٥/ ٤١) وبلدان الخلافة (٤٠٩ - ٤١٠).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies