Les racines des plantes ne reconnaissent pas l’orge. Ainsi, lorsqu’ils s’installent quelque part, ils n’ont besoin de rien venant de l’extérieur (1).
Pour ce qui est de leur religion, ils se prosternent devant le soleil (2) lorsqu’il se lève. Ils ne tiennent rien pour interdit et mangent tout ce qu’ils trouvent parmi les bêtes, y compris les carcasses, – que Dieu les maudisse.
Il a dit : « S’ils ont pu faire aboutir cette entreprise, c’est qu’aucune force ne s’y opposait, car le sultan Khwarazm Shah Muhammad avait tué les rois de divers royaumes, s’assurant la mainmise sur les affaires. Puis, lorsqu’il fut vaincu par eux l’année précédente et qu’il s’en trouva affaibli, ils le pourchassèrent et il prit la fuite (et l’on ignore où il se rendit). Il périt dans l’une des îles de la mer, et les régions se retrouvèrent sans défenseur, afin que Dieu accomplît Son décret, et c’est vers Dieu que tout revient.
Ensuite, il se mit à détailler ce qu’il avait énoncé de manière concise : il rapporta tout d’abord ce que nous avions déjà mentionné l’an passé, à savoir que Gengis Khan avait envoyé ces marchands pour lui rapporter, avec son propre argent (4), des vêtements et des pièces d’habillement. Khwarazm Shah s’empara de cet argent, ce qui mit Gengis Khan en fureur, et il envoya des menaces (5). Khwarazm Shah se mit alors en marche, lui et ses troupes, et trouva les Tatars occupés à combattre Kachli Khan. Il pilla leurs biens, ainsi que leurs femmes et leurs enfants. Les Tatars rentrèrent après avoir vaincu leur ennemi, plus furieux et acharnés que jamais. Ils s’affrontèrent, eux et Khwarazm Shah, ainsi que le fils (6) de Gengis Khan, durant trois jours, et un grand nombre de combattants tombèrent de part et d’autre. Finalement, ils se séparèrent, et Khwarazm Shah regagna les confins de son empire pour les fortifier. Puis il retourna à sa capitale, la ville (7) de Khwarizm.
Gengis Khan s’approcha alors de Boukhara qu’il assiégea, comme nous l’avons mentionné ; il s’en empara par un accord, puis trahit les habitants dès qu’il eut conquis la citadelle de force, massacra tout le monde, s’empara des richesses, captura les femmes et les enfants, et dévasta les maisons et les quartiers. La ville comptait pourtant vingt mille combattants, mais ils ne purent la défendre efficacement. Il se dirigea ensuite vers Samarcande, qu’il assiégea au tout début du mois de Muharram de cette année ; cinquante mille soldats y étaient stationnés, mais ils faillirent. Soixante-dix mille civils sortirent pour l’affronter et il les extermina tous en une seule heure. Les cinquante mille soldats (9) se rendirent et déposèrent leurs armes, se privant ainsi de tout moyen de défense ; il les tua ce même jour, livra la ville au pillage, massacra la population, emporta les biens, réduisit en esclavage la descendance, mit le feu à la cité et la laissa dévastée. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. Il demeura sur place – que Dieu le maudisse – et envoya des détachements vers divers territoires, puis il dépêcha (10) un détachement vers