Il est immense de considérer l’importance de cet événement prodigieux. Il dit donc : Nous affirmons que ce chapitre (1) comporte l’évocation du plus grand malheur et de la plus immense calamité dont les jours et les nuits ont été incapables d’enfanter un équivalent. Elle a touché l’ensemble des créatures et s’est particulièrement abattue sur les musulmans. Si quelqu’un disait : « Depuis qu’Allah a créé Adam et jusqu’à aujourd’hui, jamais le monde n’a été éprouvé par un désastre semblable », il dirait vrai. En effet, aucune chronique ne rapporte quoi que ce soit qui puisse l’approcher ou l’égaler. Parmi les plus grands événements cités, on mentionne ce que Nabuchodonosor a infligé aux Enfants d’Israël en termes de massacres et de destruction du Temple sacré. Or, le Temple, comparé à ce que ces maudits ont dévasté comme villes – chacune surpassant le Temple en grandeur –, n’est rien, pas plus que les Enfants d’Israël ne représentent l’ampleur de ceux qu’ils ont tués, car la population d’une seule ville qu’ils ont anéantie dépasse celle des Enfants d’Israël.
Il est fort possible que les humains ne soient plus jamais confrontés à un événement de cette envergure jusqu’à la fin du monde, hormis peut-être l’épreuve de Gog et Magog. Quant au Faux Messie (Dajjâl), il permet de survivre à ceux qui le suivent et anéantit ceux qui le rejettent, tandis que ces envahisseurs n’ont épargné personne. Ils ont tué femmes, hommes (5) et enfants, éventré les femmes enceintes et massacré les fœtus. Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah, le Très-Haut, l’Immense, face à cette calamité dont les étincelles se sont propagées partout (6), dont les ravages se sont étendus, et qui se répandit dans les contrées telle une nuée poussée par le vent.
En effet, un peuple sortit des environs de la Chine et se dirigea vers les contrées du Turkestan, comme Kachgar et Balasaghoun, puis, de là, vers les régions de Transoxiane, telles que Samarcande et Boukhara, s’en emparant pour infliger à leurs habitants ce que nous allons rapporter. Ensuite, un groupe parmi eux franchit la frontière vers le Khorassan, dont il s’empara entièrement, le dévastant, tuant et pillant. Puis ils allèrent au-delà (8) jusqu’à Ray et Hamadan, ainsi qu’aux contrées du Jabal (9) et aux territoires qui s’étendent jusqu’aux confins de l’Irak. Ils se dirigèrent ensuite vers les terres d’Azerbaïdjan et d’Arran (10), qu’ils ruinèrent (11) et dont ils massacrèrent la plupart des habitants (12). Il ne subsista parmi eux qu’un très petit nombre de rescapés (13) en moins d’une année. Voilà ce que