Nizâr ibn ‘Achâ’ir ibn ‘Abd Allâh ibn Muhammad ibn Châs al-Judhâmî as-Sa‘dî, juriste de rite malékite, est l’auteur de l’ouvrage « Al-Jawâhir ath-Thamîna fî Madhhab ‘Âlim al-Madîna », l’un des livres les plus fructueux en matière de jurisprudence et qu’il a ordonné selon la méthode de l’« Al-Wajîz » d’al-Ghazâlî. Ibn Khallikân déclare à son sujet : « Cela prouve l’étendue de sa science et ses mérites, et la communauté malékite d’Égypte s’y consacre pour sa valeur et l’abondance de ses bienfaits. Il enseignait en Égypte et mourut à Damiette – que Dieu lui fasse miséricorde –, et Dieu est plus savant. »
Puis arriva l’année 617 (de l’Hégire). Cette année-là se généralisa l’épreuve et devint immense l’affliction causée par Gengis Khan, surnommé Tumarjî (que Dieu le maudisse), accompagné des Tatars (que Dieu les enlaidisse tous). Leur domination devint considérable et leur corruption s’étendit des confins de la Chine jusqu’à gagner l’Irak et ses environs, puis atteindre Irbil et ses dépendances. En une seule année – celle-là même –, ils conquirent tous les royaumes, à l’exception de l’Irak, de la Jazîra, du Shâm et de l’Égypte. Ils soumirent toutes les communautés de ces régions : Khârazmiens, Qipchâq, Kurges, Lâns, Khazars et autres, et tuèrent cette même année un nombre indescriptible de populations musulmanes et non musulmanes dans divers pays. En bref, ils n’entrèrent dans aucune cité sans y massacrer tous les combattants et les hommes, et nombre de femmes et d’enfants, saccageant ce dont ils avaient besoin et brûlant le reste. Ils rassemblaient de grandes quantités de soie qu’ils ne pouvaient transporter et y mettaient le feu sous leurs yeux. Ils détruisaient les maisons et, lorsqu’ils ne pouvaient les démolir, ils y mettaient le feu, brûlant le plus souvent les mosquées et les lieux de prière. Ils prenaient des prisonniers musulmans, les utilisaient au combat et lors des sièges, et s’ils ne faisaient pas preuve de sincérité dans le combat, ils les tuaient.
Ibn al-Athîr a longuement exposé leur histoire pour cette année dans son « Al-Kâmil », de manière détaillée et fouillée, précédant le récit d’une introduction explicative.