La « Mère des rois » comptait (1) parmi ses proches (maḥārim) trente-cinq rois. Parmi eux se trouvait son frère, le grand roi (al‐malik) al‐Muʿaẓẓam Tūrān Shāh ibn Ayyūb (2), seigneur du Yémen, qui repose à ses côtés dans la tombe au sud (qibli) parmi les trois. Dans la tombe centrale se trouve son époux et cousin paternel, Nāṣir al‐Dīn (3) Muḥammad ibn Asad al‐Dīn Shīrkūh ibn Shādhī, seigneur de Ḥimṣ, qu’elle avait épousé après Abū ibn‐hā, Ḥusām al‐Dīn ʿUmar ibn Lājīn. Quant à elle et son fils Ḥusām al‐Dīn [Muḥammad ibn] (4) ʿUmar, ils reposent dans la troisième tombe, celle qui jouxte l’emplacement du cours. On appelle ce mausolée et cette école « al‐Ḥusāmiyya » (5) en référence à ce même fils, Ḥusām al‐Dīn [Muḥammad ibn] ʿUmar ibn Lājīn, qui figurait parmi les plus grands savants auprès de son oncle Salāḥ al‐Dīn. Sitt al‐Shām (qu’Allah lui fasse miséricorde) était l’une des femmes les plus charitables et généreuses envers les pauvres et les nécessiteux ; chaque année, dans sa demeure, elle préparait pour des milliers de pièces d’or des sirops, médicaments, remèdes et autres produits qu’elle distribuait ensuite à la population.
Elle mourut un vendredi, en fin de journée, le seizième jour de Dhū al‐Qaʿda de cette année, dans sa maison qu’elle avait transformée en école (6), située près du bimaristān, à savoir al‐Shāmiyya al‐Juwāniyya (7). On transféra alors sa dépouille vers son mausolée à al‐Shāmiyya al‐Barrāniyya, et ses funérailles furent particulièrement solennelles, qu’Allah lui fasse miséricorde.
Abū al‐Baqāʾ (8), l’auteur de « al‐Iʿrāb » et de « al‐Lubāb », s’appelait ʿAbd Allāh ibn al‐Ḥusayn ibn ʿAbd Allāh, shaykh Abū al‐Baqāʾ al‐ʿUkbarī (9), le grammairien hanbalite aveugle. Il est l’auteur d’« Iʿrāb al‐Qurʾān al‐ʿAzīz », du livre « al‐Lubāb » consacré à la grammaire, ainsi que de commentaires (ḥawāshī) sur les Maqāmāt, sur le « Mufaṣṣal » d’al‐Zamakhsharī, ainsi que sur le Dīwān d’al‐Mutanabbī, et d’autres traités encore. Il rédigea également des ouvrages en calcul et dans d’autres disciplines (10), et il était un homme pieux.