«En vérité, Il prononce seulement à son sujet : “Sois !” et il est. Ainsi, elle se soumit à cela, se tourna vers Lui et se remit à l’ordre de Dieu. Elle savait que cette situation représentait pour elle une grande épreuve, car les gens allaient parler d’elle à ce sujet, sans connaître la réalité de l’affaire. Ils ne considéraient que l’apparence, sans réfléchir ni méditer. Elle ne sortait du sanctuaire que durant sa période menstruelle ou pour une nécessité absolue, telle que puiser de l’eau ou se procurer de la nourriture. Or, un jour qu’elle était sortie pour quelque besoin, “elle se retira” – c’est-à-dire qu’elle s’isola seule à l’est de la mosquée Al-Aqsa – et Dieu lui envoya l’Esprit fidèle, Gabriel (– paix sur lui –). “Il se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait.” Lorsqu’elle le vit, elle dit : “Je cherche protection auprès du Tout Miséricordieux contre toi, si tu es pieux.”
Abou Al-‘Alia a déclaré : elle sut que l’homme pieux (at-taqî) est un homme réfléchi et craintif [devant Dieu]. Ceci réfute l’affirmation de certains, selon laquelle il existait au sein des Enfants d’Israël un homme pervers, notoire pour son immoralité, nommé “Taqî”. Une telle prétention est infondée et ne repose sur aucune preuve ; elle fait partie des allégations les plus faibles.
“Il dit : ‘Je ne suis que le messager de ton Seigneur’.” Autrement dit, l’Ange lui répondit : “Je ne suis pas un homme, mais un Ange envoyé par Dieu vers toi, ‘pour faire don d’un garçon pur’”, c’est-à-dire d’un enfant vertueux (1).
“Elle dit : ‘Comment aurais-je un fils ?’” – autrement dit, comment se pourrait-il que je possède un fils ou que naisse un enfant de moi – “alors qu’aucun homme ne m’a touchée et que je ne suis pas une femme de mauvaise vie ?” Autrement dit, je ne suis l’épouse de personne et je ne commets pas d’acte immoral. “Il dit : ‘Ainsi en est-il, ton Seigneur a dit : Ceci m’est facile’.” Ainsi, l’Ange répondit à sa surprise de pouvoir avoir un enfant dans un tel état en disant : “C’est ainsi que ton Seigneur l’a décrété” – Il t’a promis de créer un enfant de toi, sans époux ni immoralité. “Ceci m’est facile” (2), car cela est aisé pour Lui et à Sa portée, étant donné qu’Il est capable de toute chose.
Quant à la parole : “Afin d’en faire un signe pour les gens”, cela signifie : Nous voulons faire de sa création – dans ces circonstances – une preuve de la perfection de Notre puissance créatrice. En effet, Dieu a créé Adam sans père ni mère, Il a créé Ève à partir d’un homme sans femme, Il a créé ‘Issa à partir d’une femme sans homme, et Il a créé les autres êtres humains d’un homme et d’une femme.
Quant à la parole : “et par miséricorde de Notre part”, elle signifie que Nous faisons miséricorde aux serviteurs par son intermédiaire, afin qu’il les appelle à Dieu autant durant son enfance que pendant sa maturité – dans son jeune âge comme dans sa vieillesse – pour qu’ils vouent un culte exclusif (3) à Dieu seul, qu’ils proclament Sa transcendance (4), et qu’ils se gardent de Lui associer une compagne, une descendance, un égal, un rival ou un semblable.
Enfin, Sa parole : “et c’est une affaire déjà décrétée” peut être le prolongement du discours de Gabriel à Marie, signifiant que c’est une chose décidée, arrêtée, prédestinée et fixée par Dieu. C’est l’explication de Muhammad ibn Ishâq, et l’avis qu’Ibn Jarîr (5) a retenu, sans en rapporter d’autre. Dieu est plus savant.
Il se peut également que la parole “et c’est une affaire déjà décrétée” soit une allusion à l’insufflation de Gabriel en elle, comme il est rapporté.»