Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Damas, à qui l’on attribue les deux localités dites « an-Nâṣiriyyatayn », l’une située à Damas et l’autre à as-Safḥ. C’est lui que Hülägü tua, comme il sera mentionné (1).

[Description de la prise de Damiette par les Francs]
Lorsque la nouvelle de la mort d’al-ʿÂdil parvint à son fils Muḥammad al-Kâmil (2), qui se trouvait alors à Damiette, poste avancé face aux Francs (3), cela affaiblit considérablement le moral des musulmans et les rendit plus vulnérables. Puis il reçut (4) un autre rapport indiquant que l’émir Ibn al-Mashṭûb (5), le plus éminent émir d’Égypte, projetait de prêter allégeance à al-Fâʾiz au lieu d’al-Kâmil. Ce dernier partit donc seul, au galop, pour entrer en Égypte et conjurer ce grave péril. Lorsque l’armée se rendit compte (6) de son absence, ses rangs se désorganisèrent, craignant qu’un événement plus grave encore que la mort d’al-ʿÂdil ne se fût produit. Ils se mirent à sa poursuite, et c’est alors que les Francs entrèrent sans entrave dans les territoires égyptiens, s’emparant du camp d’al-Kâmil et de ses équipages [ainsi que des approvisionnements de l’armée]. Un grand désordre s’ensuivit, selon le décret du Puissant, l’Omniscient.

Une fois al-Kâmil arrivé en Égypte, rien de ce qu’il redoutait ne se produisit : il s’agissait en réalité d’une ruse des Francs, et Ibn al-Mashṭûb s’enfuit vers le Shâm (Syrie). Al-Kâmil se mit aussitôt en campagne contre les Francs, mais constata alors que la situation s’était aggravée : ils avaient déjà pris possession de plusieurs villes, tué nombre de gens et amassé un butin considérable. Les Bédouins du secteur pillèrent à leur tour les biens de la population, causant plus de tort encore que les Francs (8). [En vérité nous appartenons à Dieu et à Lui nous retournons]. Al-Kâmil établit alors son camp face à eux (9), les empêchant d’accéder au Caire [et à l’Égypte], alors qu’auparavant il défendait seulement le port contre leur avancée. Il écrivit à ses frères pour les exhorter à venir à son secours, les suppliant : « al-waḥâ’ al-waḥâ’ (10), al-ʿajala al-ʿajala, hâtez-vous, hâtez-vous ! Sauvez les musulmans avant que les Francs ne s’emparent de toute l’Égypte (11). » À cette nouvelle, les armées islamiques convergèrent vers lui depuis tous les horizons. Le premier

(1) Sa mort surviendra en l’an 664 de l’Hégire, puis sa biographie sera donnée. (2) T : Tel qu’on rapporte l’annonce de la mort du juste (al-ʿĀdil) à son fils al-Kāmil. (3) A, B : C’est ce qui s’est produit lors de la confrontation avec les Francs à Damiette. (4) T : Cela affaiblit les rangs des musulmans, qui faillirent, puis ce fut au tour d’al-Kāmil. (5) A : Le prince Aḥmad ben ʿAlī al-Mashṭūb. (6) A, B : Un groupe partit de Damiette en direction de l’Égypte afin de remédier à cette grave crise et à la perte subie. (7) A, B : Un événement très important eut lieu sous l’estimation du Puissant et Omniscient, et al-Kāmil entra en Égypte sans que l’événement ne se produisit. (8) A, B : Ils s’emparèrent des biens des gens dans la région de Damiette, étant plus nuisibles aux musulmans que les Francs. (9) T : Contre les Francs. (10) Al-Waḥy : Signifie « la hâte » ; on dit al-waḥy al-waḥy, et al-waḥāʾ al-waḥāʾ, ce qui veut dire se hâter, se dépêcher ; on allonge ou raccourcit cette prononciation si on les joint. Lorsqu’on les prononce séparément, on étire le son sans le raccourcir. Parfois on insère le kaf avec l’Alif et le Lam, et ils disent : al-waḥāk al-waḥāk. Les Arabes disent aussi : an-najāʾ an-najāʾ, an-najā an-najā, an-najāk an-najāk, an-najāʾak an-najāʾak. Cf. Lisān al-ʿArab (waḥy). (11) A, B : Avant que les Francs ne prennent possession de toutes les terres égyptiennes.
دمشق، وإِليه تنسب الناصريتان إِحداهما بدمشق والأخرى بالسفح، وهو الذي قتله هولاكو كما سيأتي (١) . [صفة أخذ الفرنج دمياط] لما انتهى الخبر بموت العادل إِلى ابنه محمد الكامل (٢) وهو بثغر دمياط مرابط الفرنج (٣) ، فَفَتَّ ذلك من أعضاد المسلمين وضعفوا، ثم بلغه (٤) خبر آخر أن الأمير ابن المشطوب (٥) وكان أكبر أمير بمصر، قد أراد أن يبايع للفائز عوضًا عن الكامل، فساق وحده جريدة فدخل مصر ليستدرك هذا الخطب الجسيم، فلما فقده (٦) الجيش من بينهم انحلَّ نظامُهم واعتقدوا أنه قد حدث أمر أكبر من موت العادل، فركبوا وراءه فدخلت الفرنج [حينئذ] بأمان إِلى الديار المصرية، واستحوذوا على معسكر الكامل وأثقاله [وحواصل الجيش] ، فوقع خبط عظيم جدًا، وذلك تقدير العزيز العليم، فلما دخل الكامل مصر لم يقع (٧) مما ظنه شيء، وإِنما هي خديعة من الفرنج، وهرب منه ابن المشطوب إِلى الشام، ثم ركب من فوره في الجيش إِلى الفرنج فإِذا الأمر قد تزايد، [وقد] تمكنوا من البلدان وقتلوا خلقًا وغنموا [شيئًا] كثيرًا، وعاثت الأعراب التي هنالك على أموال الناس، فكانوا أضر عليهم من الفرنج (٨) ، [فإِنَا للّه وإِنَّا إِليه راجعون] ، فنزل الكامل تجاههم (٩) يمانعهم عن دخولهم إِلى القاهرة [ومصر] بعد أن كان يمانعهم عن دخول الثغر، وكتب إِلى إِخوانه يستحثهم ويستنجدهم ويقول الوحاءَ الوحاء (١٠) العجلَ العجلَ، أدركوا المسلمين قبل تملك الفرنج جميع أرض مصر (١١) فأقبلت العساكر الإسلامية [عند ذلك] إِليه من كل مكان، وكان أول
(١) سيأتي ووفاته سنة ٦٦٤ هـ، وثَمَّ ترجمته. (٢) ط: لما اشتهر الخبر بموت العادل إِلى ابنه الكامل. (٣) أ، ب: وهو مما عر تجاه الفرنج بدمياط. (٤) ط: أضعف ذلك أعضاء المسلمين وفشلوا ثم بلغ الكامل. (٥) أ: أن الأمير أحمد بن علي المشطوب. (٦) أ، ب: جريدة من دمياط قاصدًا إِلى مصر لاستدراك هذا الخطب الجسيم ولما فقده. (٧) أ، ب: فوقع أمر عظيم جدًا وذلك بتقدير العزيز العليم ودخل الكامل إِلى مصر فلم يقع. (٨) أ، ب: على أموال الناس ببلاد دمياط فكانوا أضرَّ على المسلمين من الفرنج. (٩) ط: تجاه الفرنج. (١٠) الوحى: العجلة، يقولون: الوحى الوحى، والوحاء الوحاء، يعني: البدار البدار، والوحاء الوحاء يعني الإسراع. فيمدّونها ويقصرونها إِذا جمعوا بينهما، فإذا أفردوا مدّوه ولم يقصروه. وربما أدخلوا الكاف مع الألف واللام فقالوا: الوحاك الوحاك، والعرب تقول: النجاء النجاء، والنجى النجى، والنجاك النجاك، والنجاءك النجاءك. لسان العرب (وحى). (١١) أ، ب: قبل أن تملك الفرنج جميع الديار المصرية.

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