Ibn ‘Abd al-Salām a déclaré (1) : « Je n’ai jamais vu personne de plus érudit en jurisprudence qu’Ibn al-Harastānī. Il avait mémorisé “Al-Wasīṭ” d’al-Ghazālī. Plus d’une personne rapporta également qu’il fut l’un des juges les plus justes et les plus prompts à établir la vérité, ne redoutant aucun reproche lorsqu’il s’agissait de Dieu. Son fils, ‘Imād ad-Dīn, prêchait à la mosquée de Damas et fut désigné pour assumer à sa place la direction (mashyakha) de l’école al-Ashrafiyyah. Le juge Jamāl ad-Dīn rendait la justice dans sa madrasa al-Mujāhidiyyah. Le sultan lui envoya un turban (ṭarāḥah) et un siège (musnad) (2) en raison de son âge avancé. Son fils restait alors assis devant lui, et si jamais son père se levait (3), il prenait sa place.
Par la suite, il démit son fils de sa fonction de suppléant pour une raison dont il eut vent et désigna à sa place Shams ad-Dīn ibn ash-Shīrāzī (4), qui s’asseyait face à lui, dans la partie orientale de l’īwān. Il nomma également (5) Shams ad-Dīn ibn Sanī ad-Dawlah, [à qui il installa une estrade dans l’angle occidental sud de la madrasa] (6). De même, il désigna Sharaf ad-Dīn ibn al-Mawṣilī (7), de rite ḥanafite, qui siégeait dans le miḥrāb de la madrasa. Il demeura juge pendant deux ans et sept mois, puis vint sa mort (8) un samedi, le quatrième jour de [Dhū] al-Ḥijjah [cette année-là], à l’âge de quatre-vingt-quinze ans (9). La prière funéraire fut célébrée pour lui à la grande mosquée de Damas, avant son inhumation au pied du mont Qāsiyūn (10).
Quant à l’émir [al-Kabīr] Badr ad-Dīn (11) Muḥammad ibn Abī al-Qāsim [ibn Muḥammad] al-Hakkārī, fondateur de la madrasa de Jérusalem, il était parmi les meilleurs émirs. Muḥammad aspirait constamment au martyre. Les Francs le tuèrent (12) cette année-là à la forteresse d’al-Ṭūr ; on transféra sa dépouille à la noble Jérusalem, où il fut enterré au cimetière de Mamilla. Sa tombe (13) est encore visitée à ce jour. Enfin, il y avait le vaillant Maḥmūd, connu sous le nom d’Ibn ad-Dimā‘ (14).