Le cheikh (1) demeurait près de leur lieu de prière, puis on l’emporta jusqu’au versant. Le [jour de sa mort] (2) fut un jour mémorable en raison de la multitude de gens (3).
Sibt Ibn al-Jawzî (4) raconte : « Les foules s’étendaient depuis la grotte (al-Kahf) jusqu’à la “Grotte du Sang” (Maghârat ad-Dam) puis jusqu’à al-Mîtûr (5). Si l’on avait semé des graines de sésame, elles ne seraient tombées que sur les têtes des gens. »
Il dit encore : « Lorsque (6) je revins cette nuit-là, je me mis à réfléchir à son sujet, à ses funérailles et au grand nombre de personnes présentes. Je me suis dit : “C’était un homme pieux, et il se peut qu’il ait contemplé (7) son Seigneur lorsqu’on l’a placé dans sa tombe (8).” » Alors, me revinrent à l’esprit les vers que Sufyân ath-Thawrî récita, après sa propre mort (9), en songe (10) [sur la métrique at-tawîl] :
« J’ai contemplé mon Seigneur face à face et Il m’a dit (11) :
‘Heureux es-tu, ô fils de Saʿîd, de voir Ma satisfaction en toi !
Car tu te levais (12) pour prier quand la nuit (13) était sombre,
Versant les larmes d’un nostalgique, le cœur transi.
À présent, choisis le palais que tu désires,
Et viens Me visiter, car Je ne suis pas (14) loin de toi.’ »
Puis j’ai dit : « J’espère que l’Imâd a vu son Seigneur comme l’a vu ath-Thawrî. » Je m’endormis et vis le cheikh al-ʿImâd en songe (15). Il portait une robe verte (et un turban vert), se trouvait dans un vaste endroit semblable à un jardin, et il gravissait de larges marches.
Je lui demandai : « Ô ʿImâd ad-Dîn, comment as-tu passé la nuit ? Par Dieu, j’ai pensé à toi sans relâche. » Il me regarda et me sourit, comme il le faisait en ce monde, puis il dit (16) [sur le même mètre at-tawîl]