Mention de la naissance du serviteur et Messager, Jésus fils de Marie la Vierge
(1) Dieu – Exalté soit-Il – a dit :
« Et rappelle, dans le Livre, Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu situé à l’Est (16). Elle établit un voile entre elle et les siens. Nous lui envoyâmes alors Notre Esprit, qui lui apparut sous la forme d’un homme parfait (17). Elle dit : “Je me réfugie auprès du Tout-Miséricordieux contre toi, si toutefois tu es pieux” (18). Il dit : “Je ne suis, en vérité, que le Messager de ton Seigneur, pour te faire don d’un fils pur” (19). Elle dit : “Comment aurais-je un fils, alors qu’aucun homme ne m’a touchée et que je ne suis pas impudique ?” (20). Il dit : “C’est ainsi ! Ton Seigneur a dit : ‘Cela M’est facile ; et afin que Nous fassions de lui un signe pour les gens et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décrétée.’” (21). Elle le conçut donc et se retira avec lui en un endroit éloigné (22). Puis les douleurs de l’enfantement la conduisirent au tronc du palmier. Elle dit : “Plût à Dieu que je fusse morte avant cela, et que je fusse totalement oubliée !” (23). Alors, il l’appela d’en dessous d’elle : “Ne t’afflige point : ton Seigneur a placé à tes pieds un ruisseau (24) ; secoue donc le tronc du palmier vers toi : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres (25). Mange donc, bois, et réjouis ton œil ; si tu vois quelque être humain, dis : ‘J’ai voué un jeûne au Tout-Miséricordieux ; je ne parlerai donc aujourd’hui à personne.’” (26). Ensuite, elle vint auprès des siens en le portant. Ils dirent : “Ô Marie, tu as commis une chose monstrueuse ! (27) Ô sœur d’Aaron ! Ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était pas impudique.” (28) Alors, elle leur fit signe [en direction de l’enfant]. Ils dirent : “Comment pourrions-nous parler à un nourrisson au berceau ?” (29). Il déclara : “Je suis vraiment le serviteur de Dieu. Il m’a donné le Livre et m’a désigné comme Prophète (30). Il a fait de moi un être béni où que je sois, et Il m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je vivrai (31), et d’être bienfaisant envers ma mère. Il ne m’a pas fait arrogant ni malheureux (32). Et que la paix soit sur moi le jour de ma naissance, le jour de ma mort et le jour où je serai ressuscité vivant.” (33). Voilà Jésus, fils de Marie. C’est la parole de vérité au sujet de laquelle ils doutent (34). Il n’appartient pas à Dieu de Se donner un enfant. Gloire à Lui ! Lorsqu’Il décrète une chose, Il dit seulement : “Sois”, et elle est (35). Certes, Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc : voilà le droit chemin (36). Cependant, les factions divergèrent à son propos. Malheur aux mécréants lors d’un grand Jour de comparution ! » (37) [Sourate Maryam : 16-37].
(2) Dieu – qu’Il soit exalté – mentionne cette histoire après celle de Zacharie, qui lui sert de préambule et d’introduction, tout comme Il l’a mentionnée dans la sourate Âl ‘Imrân, en reliant les deux récits au sein d’un même passage. De même, dans la sourate al-Anbiyâ’, Il déclare : « Et [rappelle-toi] Zacharie, lorsqu’il invoqua son Seigneur : “Seigneur, ne me laisse pas seul [sans descendant], alors que Tu es le Meilleur des héritiers !” (89). Nous l’exauçâmes, lui fîmes don de Yahyâ (Jean) et rendîmes sa femme apte à enfanter. En vérité, ils rivalisaient dans les bonnes œuvres, Nous invoquaient par désir et par crainte et s’humiliaient devant Nous (90). [Souviens-toi aussi] de celle qui préserva sa chasteté ; Nous insufflâmes alors en elle de Notre Esprit et fîmes, elle et son fils, un signe pour l’univers. » (91) [Sourate al-Anbiyâ’ : 89-91].
Comme indiqué précédemment, lorsque la mère de Marie l’eut vouée (en la consacrant) au service de la Maison Sainte (Bayt al-Maqdis), Zacharie – que la paix soit sur lui – la prit sous sa protection. Ce Prophète, qui était l’époux de la sœur ou de la tante de Marie, lui aménagea un oratoire dans la partie la plus noble de la Mosquée, dans lequel nul n’entrait hormis lui. Parvenue à la maturité, Marie se consacra à l’adoration avec un soin incomparable à cette époque, si bien que Zacharie – que la paix soit sur lui – l’envia des faveurs et signes dont elle bénéficia. Les anges la saluèrent alors en lui annonçant que Dieu l’avait choisie, et qu’Il lui accorderait un enfant vertueux, un Prophète noble, pur, comblé d’honneurs et soutenu par des miracles. Étonnée de pouvoir enfanter sans père, elle répondit qu’elle n’était pas mariée et ne songeait même pas à l’être. Mais les anges l’informèrent de la Toute-Puissance de Dieu, qui peut faire ce qu’Il veut : « Lorsqu’Il décide d’une chose… ».