Ils répandirent la corruption, tuant, pillant et faisant des prisonniers (1) dans la région comprise entre Beïsan et Banias. Ils envahirent ensuite les territoires du Golan, atteignant Nawâ et Khassafîn [et d’autres terres]. (2) Le roi al-Muʿaẓẓam se rendit alors à ʿAqabat al-Laban, entre Jérusalem et Naplouse, craignant pour Jérusalem [la noble], car elle en était l’enjeu principal. Puis (3) les Francs assiégèrent la forteresse du mont Thabor d’un siège terrible, et les héros qui s’y trouvaient lui opposèrent une résistance acharnée (4). Finalement, les Francs se replièrent vers Acre, emmenant avec eux des prisonniers musulmans. Le roi al-Muʿaẓẓam se rendit alors au mont Thabor, combla d’honneurs les émirs qui s’y trouvaient et apaisa leurs cœurs. Il décida ensuite avec son père de détruire la forteresse, comme il sera rapporté ultérieurement.
Parmi les notables décédés cette année-là (5), on compte le cheikh (6) al-ʿImād (7), frère du hāfiẓ ʿAbd al-Ghanī, Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn ʿAbd al-Wāḥid ibn ʿAlī ibn Surūr, connu sous le nom de cheikh ʿImād ad-Dīn al-Maqdisī (8). Il était de deux ans plus jeune que son frère, le hāfiẓ ʿAbd al-Ghanī, et arriva avec lui (9) à Damas en l’an 551 de l’hégire. Il se rendit (10) deux fois à Bagdad, étudia le hadith et mena une vie de dévotion, d’ascèse et de piété, jeûnant un jour sur deux. Il était également jurisconsulte et mufti. (11) Il composa un ouvrage intitulé “Al-Furūʿ” et rédigea “Aḥkām”, qu’il n’acheva pas. Il dirigeait, avec le cheikh al-Muwaffaq, la prière dans le miḥrāb réservé aux hanbalites, alors qu’eux-mêmes priaient auparavant sans miḥrāb. Celui-ci fut installé en l’année 617 de l’hégire. Il dirigeait aussi les fidèles pour les prières de rattrapage, étant le premier à instaurer cette pratique. Un soir, il effectua la prière du maghrib alors qu’il jeûnait, puis rentra chez lui (12) à Damas, rompit son jeûne et mourut subitement. La prière funéraire fut célébrée sur lui à la grande mosquée omeyyade.