Il était d’une nature perverse (1) : si tu l’éprouvais, tu y découvrirais un penchant tenace pour l’hypocrisie.
Demain, il recevra ce à quoi il aspirait et il sera abreuvé de pus dans la Fournaise et crucifié.
(2)
Il a également dit [dans le mètre al-wâfir] :
« Nous avons vécu avec le temps de belles journées,
nous y nagions dans les délices à satiété.
Elles se sont ensuite enfuies ; et lorsque cela a pris fin,
j’y ai vu comme un songe ou un court sommeil.
La vieillesse m’a assailli, sans espoir d’y échapper,
même si je m’en plaignais et la blâmais.
Hôte qui ne cesse de s’éloigner (3),
elle me mène vers la mort jour après jour.
J’avais l’habitude de compter pour moi les années,
à présent je compte pour moi les jours un à un. » (4)
Al-ʿIzz Muḥammad ibn al-Ḥāfiẓ ʿAbd al-Ghanī al-Maqdisī (5)
Il naquit en l’an cinq cent soixante-six (566). Son père lui fit entendre de nombreux hadiths, puis il se rendit lui-même à Bagdad, où il lut le « Musnad d’Ahmad ». Il tenait une séance d’enseignement dans la mosquée de Damas et faisait partie des proches du Muʿaẓẓam. Il était pieux, intègre, dévoué, et possédait une excellente mémoire. Qu’Allah lui fasse miséricorde, à lui et à son père.
Abū al-Futūḥ Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Mubārak (6), al-Jalājilī (7) al-Baghdādī, entendit lui aussi de nombreux hadiths. Il était
(1) ط : médecin. أ - ب : Habib. Ce qui est dit ici provient des deux "Rawdatayn".
(2) Ce vers ne figure pas dans l'édition ط. Dans les "Rawdatayn" qui suivent, Abū Shāmah dit : Le premier « ṣalīb » désigne les chrétiens, le second signifie « crucifié », le troisième dérive de « ṣalābah » (dureté), et le quatrième, la démolition des os. Certains disent que c'est le pus, c’est-à-dire que l’on arrose (de liquide) ce qui s’écoule des habitants de l’Enfer, que Dieu nous en préserve.
(3) ط : la patience.
(4) Le vers ne figure pas dans l'édition ب.
(5) Notice biographique d’al-ʿIzz al-Maqdisī dans Takmila al-Mundhirī (2/385), appendice des "Rawdatayn" (p. 99), Tārīkh al-Islām (13/383), Tadhkirat al-Ḥuffāẓ (4/1401-1402), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (12/42-44), al-Mukhtaṣar al-Muḥtāj ilayh (1/82), al-Wāfī bi al-Wafayāt (3/266), appendice de Ṭabaqāt al-Ḥanābila (2/90-92), al-Nujūm al-Zāhira (5/56-57) et Shudhūr al-Dhahab (7/104).
(6) Notice biographique d’Ibn al-Jalājilī dans Takmila al-Mundhirī (2/344), appendice des "Rawdatayn" (p. 99), Tārīkh al-Islām (13/351), al-Mukhtaṣar al-Muḥtāj ilayh (1/100-101), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (22/52), al-Nujūm al-Zāhira (6/215), et Shudhūr al-Dhahab (7/97). Bachār indique : L’auteur ne mentionne cet individu dans les nécrologies de cette année que pour suivre Abū Shāmah dans l’appendice des "Rawdatayn", ce qui est inexact. La date correcte de son décès est l’année 612 de l’Hégire, comme l’a précisé Ibn al-Dubaythī dans son histoire (feuillet 91) ainsi que al-Mundhirī dans Takmila (2/344). Celui-ci rapporte : Le 14 du mois de Ramadan, mourut le venerable cheikh Abū al-Fatḥ Muḥammad ibn Abī al-Ḥasan ʿAlī à Bayt al-Maqdis, où il fut inhumé. Al-Dhahabī le confirme dans ses ouvrages, de même que des auteurs qui s’en sont inspirés comme Ibn Taghrī Birdī et Ibn al-ʿImād (Bachār).
(7) Dans l’édition ط figure « al-Khalākhilī », ce qui est une déformation. Al-Mundhirī rapporte : Notre maître le ḥāfiẓ Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn al-Mufaḍḍal al-Maqdisī m’a dit qu’il avait entendu dire que son grand-père avait une belle voix récitant le Coran et que c’est ainsi qu’il fut surnommé al-Jalājilī. L’explication avancée par les éditeurs de al-Nujūm al-Zāhira selon laquelle ce surnom viendrait d’une montagne appelée al-Jalājil, l’une des montagnes d’adh-Dahnā’, est infondée.