Il n’y eut pas, à l’époque de ʿAmr, quelqu’un de son égal… pas plus qu’il n’y eut d’égal à al-Kindī à la fin de son époque. Ils sont tous deux comme Zayd et ʿAmr, car la grammaire s’est édifiée autour de Zayd et de ʿAmr.
Abū Shāma déclara : « C’est là ce qu’Ibn al-Dahhān, déjà mentionné, dit de lui en l’an cinq cent quatre-vingt-douze », puis il cita ces vers en mètre basīṭ :
“Ô Zayd, que mon Seigneur t’accorde davantage de Ses dons,
Des bienfaits que l’espérance même ne saurait atteindre.
La grammaire : tu en es le plus digne parmi les savants ;
N’est-ce pas à ton nom qu’on y fait référence en guise d’exemple ?”
Par ailleurs, al-Sakhāwī l’a loué dans un beau poème. De même, plus d’un savant en a fait l’éloge, dont Abū al-Muẓaffar Sibt Ibn al-Jawzī qui déclara : « J’ai lu sous sa direction ; il avait une croyance saine, un naturel plein d’esprit, on ne se lassait point de sa compagnie. Il possédait des anecdotes étonnantes, une belle écriture et une poésie raffinée. Il a réuni un grand dīwān (recueil) de poèmes. »
Il mourut un lundi, le six Shawwāl de cette même année, à l’âge de quatre-vingt-treize ans, un mois et seize jours. La prière funéraire fut accomplie en la Grande Mosquée de Damas, puis on le transporta à aṣ-Ṣāliḥiyya où il fut inhumé — qu’Allāh lui fasse miséricorde. Il avait légué des livres précieux, sept cent soixante et un volumes, à son affranchi Najīb ad-Dīn Yāqūt, puis ensuite à ses enfants, puis aux savants spécialisés en hadith, en fiqh, en langue et autres disciplines. Ils furent placés dans une grande bibliothèque, dans la Maqṣūra d’Ibn Sinān al-Ḥalabiyya voisine du mausolée de ʿAlī Zayn al-ʿĀbidīn. Par la suite, ces ouvrages furent dispersés pour la plupart et vendus ; il n’en resta dans ladite bibliothèque qu’un maigre reliquat, conservé dans la Maqṣūra al-Ḥalabiyya — nommée jadis Maqṣūra Ibn Sinān.
Le shaykh Tāj ad-Dīn (qu’Allāh lui fasse miséricorde) laissa derrière lui une aisance financière considérable, des biens précieux, ainsi que plusieurs Mamelouks parmi les beaux Turcs. Il était d’un caractère affable et de bonnes manières ; il traitait les étudiants avec égard et honneur. Lorsqu’il eut vieilli, il cessa pourtant de se lever pour eux et composa alors quelques vers d’excuse (en mètre ṭawīl).