À sa mort, il transmit le royaume à son fils al-ʿAzīz Ghiyāth al-Dīn Muḥammad (1), alors âgé de trois ans. Il avait pourtant des fils plus âgés, mais il lui dédia la succession car il était né de la fille de son oncle paternel (al-ʿAdil), et ses oncles maternels étaient al-Ashraf, al-Muʿaẓẓam et al-Kāmil. Ainsi, ni son grand-père ni ses oncles ne contesteraient son autorité. S’il avait désigné un autre de ses fils, ces derniers lui auraient pris le royaume. C’est ainsi que les choses se déroulèrent : son grand-père al-ʿAdil et ses oncles lui prêtèrent serment d’allégeance. Al-Muʿaẓẓam songea à rompre ce pacte (et à s’emparer du pouvoir), mais il n’y parvint pas. Pour gouverner son royaume, on confia alors la conduite des affaires à l’eunuque Shihāb al-Dīn Ṭuġrīl, le Rūmī blanc, qui était un homme pieux, sensé et [juste].
Parmi ceux qui moururent également cette année-là, parmi les personnalités illustres et notables, figure le shaykh Tāj al-Dīn Abū al-Yaman al-Kindī, Zayd ibn al-Ḥasan ibn Zayd ibn al-Ḥasan (ibn Zayd ibn al-Ḥasan) ibn Saʿīd ibn ʿIṣmah, maître (shaykh) et imām, unique en son temps et incomparable, Tāj al-Dīn Abū al-Yaman al-Kindī. Il naquit à Bagdad, y grandit, étudia et acquit un savoir considérable avant de partir pour Damas, où il s’installa. Il surpassa les savants de son époque, tant à l’est qu’à l’ouest, dans la langue, la grammaire et d’autres disciplines, tout en se distinguant par la noblesse de sa chaîne de transmission, l’excellence de ses méthodes et de ses mœurs ainsi que la justesse de sa doctrine. Les érudits de son temps bénéficièrent de son enseignement, le louèrent et lui témoignèrent un grand respect. Il était d’abord hanbalite, puis il adopta l’école hanafite. Il naquit en