Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il maîtrisait également la poésie de manière éminente. En témoignent, par exemple, ses vers (sur la mesure at-ṭawīl) :

« Même si une goutte de pluie
était un jour tombée au fond de la mer,
ensuite, s’il l’avait voulu,
il l’aurait distinguée d’entre toutes.

Et s’il avait possédé le monde au point
que ses rois, à l’est comme à l’ouest,
soient devenus ses serviteurs,
il n’en aurait pas éprouvé de vanité. »

Il dit également, dans un autre jeu de mots (al-tajnīs) :

« Tu as trop prolongé tes reproches
pour m’avoir vu fuir le contact
d’un groupe de rustres et de vils,
dont la générosité n’est guère escomptée.

Vois donc leur porte — puisse Dieu
ne point les bénir — s’ériger
comme un rempart pour celui
qui vient quérir un bienfait.

Ils ont protégé leur fortune,
mais quant à leur religion et leur honneur,
ils les ont rendus accessibles à qui veut s’en prendre à eux ;
ils ne craignent donc point la satire de celui qui les attaque.

Lorsque les hommes généreux ouvrent
une voie à la munificence,
eux se lancent dans l’avarice
en lui trouvant soixante-dix chemins possibles. »

Il composa de beaux panégyriques, d’élégants poèmes et des idées d’une grande finesse. Parfois, il imita même la poésie d’al-Buḥturī dans un style qui s’en rapprochait. On dit que ce « Wajīh » ne se mettait jamais en colère. Un jour, un groupe fit le pari devant un tiers qu’ils réussiraient à l’irriter. L’un d’eux vint à lui, le questionna sur un point, et il lui donna une réponse. Le questionneur s’exclama : « Vous vous trompez, ô cheikh. » Le Wajīh reprit alors la même solution en d’autres termes, mais il entendit encore : « Vous faites erreur. » Il reformula une troisième fois, à quoi l’homme répliqua : « Vous mentez, et apparemment vous avez oublié la grammaire. » Le Wajīh répondit : « Peut-être ne comprenez-vous pas ce que je vous explique ? » L’autre insista : « Si, mais vous vous méprenez. » Le Wajīh reprit : « Alors, dites-moi votre avis, afin que nous puissions apprendre de vous. » Mais le questionneur lui adressa des paroles plus dures ; le Wajīh se contenta de sourire et répondit : « Si vous aviez parié que vous réussiriez à me mettre en colère, vous avez perdu. Vous me rappelez cette moustique qui se posa sur le dos d’un éléphant. Quand elle s’apprêta à s’envoler, elle lui dit : “Accroche-toi, je vais partir !” Mais l’éléphant lui répondit : “Je ne t’ai même pas senti quand tu t’es posée, si bien qu’il ne m’est nul besoin de me tenir prêt lorsque tu t’envoles.” » Il mourut (Dieu lui fasse miséricorde) en shaʿbān de la même année et fut inhumé à al-Wazīrīyya.

(1) Dans le Dictionnaire des écrivains : le guèze et l'arménien. (2) Les vers sont dans le Dictionnaire des écrivains (17/60). (3) Éd. : et si tu t'étais arrêté. Ce qui est ici provient des deux sources originales, et cela concorde avec ce qui est dans le Dictionnaire des écrivains. (4) Éd. : et il en a parlé dans le Njnis. (5) Les vers sont dans le Dictionnaire des écrivains (17/67). (6) Ce vers ne figure pas dans l'édition. Et « مُرْتَجًا » signifie « fermé », le sens étant que tu trouves leur porte close, sans visiteur, en raison de leur avarice. (7) Éd. : de celui qui a critiqué ou injurié. (8) Note : ils disaient : il ne se mettait jamais en colère ; un groupe a parié avec un homme qu'ils réussiraient à le mettre en colère, alors il est allé vers lui. (9) Éd. : Il a répété la réponse avec une autre expression en disant : « Tu as menti et je ne te vois que… » (10) Note : le notable aveugle a dit. (11) Note : le notable lui a dit. (12) Éd. : que tu augures. (13) Éd. : aimé.
والحبشيةَ والزنجية (١) ، وكانت له يدٌ طُولى في نظم الشعر. فمن ذلك قوله (٢) : [من الطويل] ولو وَقَعَتْ (٣) في لُجَّةِ البحرِ قَطْرةٌ … من المُزْنِ يوما ثم شاءَ لمازَها ولو ملكَ الدُّنيا فأضحى ملوكُها … عبيدًا له في الشرقِ والغربِ ما زها وقوله في التجنيس (٤) أيضًا (٥) : [من الطويل] أطلتَ ملامي في اجتنابي لمعشرٍ … طَغامٍ لِئامٍ جُودُهُمْ غَيْرُ مُرْتَجَى تَرَى بابَهُمْ -لا باركَ اللهُ فيهمُ- … على طالب المعروفِ إِنْ جاءَ مُرْتَجًا (٦) حمَوا مالهم والدِّينُ والعِرضُ منهمُ … مباحٌ، فما يخشونَ مِنْ هجوِ مَنْ هجا (٧) إِذا شرعَ الأجوادُ في الجودِ منهجًا … لهم شرعوا في البخلِ سبعينَ منهجا وله مدائحُ حسنة وأشعاو رائقةٌ ومعاني فائقةٌ، وربما عارضَ شعرَ البحتري بما يقاربه ويدانيه، قالوا: وكان الوجيه لا يغضب قط، فتراهن جماعة مع واحد أنه إِن أغضبه كان له كذا وكذًا (٨) ، فجاء إِليه، فسأله عن مسألة فأجابه فيها، فقال له السائل: أخطأت أيها الشيخ، فأعاد عليه الجواب بعبارة أخرى، فقال: أخطات أيضًا، فأعاد. ثالثة (بعبارة أخرى) فقال: كذبت وكأنك قد (٩) نسيت النحو، فقال (١٠) الوجيه فلعلك لم تفهم ما أقول لك، فقال: بلى ولكنك تخطئ [في الجواب] ، فقال له: فقل أنت ما عندك لنستفيد منك، فأغلظ له السائل (في القول فتبسم ضاحكًا) وقال له (١١) : إِن كنت راهنت فقد غُلبت، وإِنما مثلك [في هذا، كمثل البعوضة -يعني الناموسة- سقطت على ظهر الفيل، فلما أرادت الطيران (١٢) قالت له استمسك. فإني أريد (١٣) أن أطير، فقال لها الفيل: ما أحسست بك حين سقطتِ، فما أحتاج أن أستمسك إِذا طِرتِ. كانت وفاته (رحمه الله) في شعبان منها ودفن بالوزيرية.
(١) في معجم الأدباء: والحبشية والأرمنية. (٢) الأبيات في معجم الأدباء (١٧/ ٦٠). (٣) ط: ولو وقفت. وما هنا عن الأصلين، وهو يوافق ما في معجم الأدباء. (٤) ط: وله في النجنيس. (٥) الأبيات في معجم الأدباء (١٧/ ٦٧). (٦) لم يرد هذا البيت في ط. ومرتجًا أي مقفلًا، والمعنى أنك تجد بابهم مغلقًا دون سائلهم لبخلهم. (٧) ط: من عاب أو هجا. (٨) أ: قالوا: وكان لا يغضب قط، تراهن جماعة مع واحد أن يغضبه فجاء إِليه. (٩) ط: فأعاد الجواب بعبارة أخرى فقال كذبت وما أراك إِلا. (١٠) أ: فقال الوجيه الأعمى. (١١) أ: فقال له الوجيه. (١٢) ط: أن تطير. (١٣) ط: أحب.

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