[Le Grand]
Le spécialiste du ḥadīth, l’éditeur, le transmetteur, le maître accompli, le virtuose dans la composition (1). Il fut l’affranchi de certains habitants de Mossoul, et, selon d’autres, de certains habitants de Harrān (2). Il travailla à la Dār al-Ḥadīth de Mossoul, puis se rendit à Harrān. Il voyagea dans de nombreux pays et entendit de nombreux maîtres [à l’est comme à l’ouest]. Il résida à Harrān jusqu’à son décès [cette même année]. Il était né en l’an cinq cent trente-six de l’Hégire (536 H). Il était pieux, vertueux [et bienfaisant], qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Al-Wajīh al-Aʿmā (3), Abū Bakr al-Mubārak ibn al-Mubārak (4) ibn Saʿīd ibn al-Dahhān, le grammairien de Wāsiṭ, surnommé al-Wajīh. Il naquit à Wāsiṭ, se rendit à Bagdad et s’y consacra à l’étude de la langue arabe [et de la grammaire]. Il excella dans ce domaine et mémorisa un grand nombre de poèmes arabes. Il étudia également le ḥadīth. Il était d’abord hanbalite, puis il passa (5) au rite d’Abū Ḥanīfa, avant de devenir shāfiʿite. Il fut chargé d’enseigner la grammaire à la Nizamiyya. À son sujet, le poète (6) déclara (dans le mètre al-ṭawīl) :
« Qui donc rapportera de ma part un message à Al-Wajīh,
Alors même que nul courrier [7] ne parvient jusqu’à lui ?
Tu as suivi le rite de Nuʿmān après celui d’Ibn Ḥanbal,
Cela eut lieu lorsque tu manquais de moyens de subsistance.
Ce n’est pas par conviction religieuse [8] que tu as choisi l’opinion d’al-Shāfiʿī,
Mais parce que tu briguais uniquement ce qui te rapportait.
Et dans peu de temps, sans nul doute, tu te tourneras vers Mālik ;
Regarde donc ce que tu en diras ! »
Il retenait beaucoup de récits, de proverbes et de bons mots, et il connaissait l’arabe, le turc, le persan et le romain (grec).