Au cours de cette année, le roi des Rûm, Kaykaus (1), s’empara de la ville d’Antioche aux mains des Francs, puis elle fut prise par le fils de Léon, roi des Arméniens, avant d’être à son tour arrachée par le prince de Tripoli (2).
Au cours de cette même année, le sultan Khwârazm Shâh, Muḥammad b. Taksh, s’empara de la ville de Ghazna sans livrer bataille.
Cette année marqua également le décès de l’héritier du trône, Abû al-Ḥasan ‘Alî, fils du commandeur des croyants an-Nâṣir (3) li-Dîn Allâh, [que ce dernier avait désigné comme successeur à sa place, en écartant son frère aîné]. À sa mort, le calife en fut profondément affecté, et aussi bien les notables que l’ensemble du peuple partagèrent ce chagrin en raison de l’ampleur de ses aumônes et de sa bienfaisance envers les gens. Il fut même dit qu’il ne restait aucune maison (4) à Bagdad qui n’éprouvât de la tristesse à cette nouvelle, et la journée de ses funérailles fut mémorable : les habitants de la ville le pleurèrent jour et nuit. Il fut inhumé auprès de sa grand-mère, près du tombeau de Ma‘rûf al-Karkhî. Son décès (5) eut lieu le vendredi vingtième de Dhû al-Qa‘da, et la prière funéraire fut accomplie pour lui (6) après la prière de ‘aṣr.
Ce même jour, on présenta la tête de Munkalî (7), qui s’était insurgé contre le calife et contre son maître, et on la fit défiler (8) en procession. Toutefois, la joie du calife ne fut pas complète en ce jour, car la mort de son fils, l’héritier présomptif, la gâcha ; la vie (9) n’apporte pas autant de réjouissance qu’elle cause de peine. L’héritier laissa deux enfants : al-Mu’ayyad Abû ‘Abd Allâh al-Ḥusayn et al-Muwaffaq Abû al-Faḍl Yaḥyâ.
Parmi les notables (10) décédés cette même année figure le ḥâfiẓ ‘Abd al-Qâdir ar-Ruhâwî (11) : ‘Abd al-Qâdir (12) b. ‘Abd Allâh b. ‘Abd ar-Raḥmân Abû Muḥammad, le ḥâfiẓ.