Cette année-là, le détenteur du Yémen, fils de Sayf al-Islâm, décéda. (1) Par conséquent, ce fut Sulaymân ibn Shâhanshâh ibn Taqî al-Dîn ‘Umar ibn Shâhanshâh ibn Ayyûb qui en assura la gouvernance, avec l’accord des émirs. Ensuite, al-‘Âdil envoya un message à son fils (2) al-Kâmil, lui demandant d’y dépêcher son propre fils, Akhsîs (3). Celui-ci s’empara alors du pouvoir, opprima la population et se montra tyrannique (et brutal), allant jusqu’à tuer près de huit cents notables. Quant aux autres victimes, elles furent innombrables. On le comptait parmi les rois les plus débauchés, les plus corrompus et les moins pudiques. Il fut rapporté à son sujet des faits qui font frémir les corps et que les cœurs rejettent—Que Dieu nous en préserve.
Parmi ceux qui moururent cette année-là, on note (7) Ibrâhîm ibn ‘Alî ibn Muhammad ibn Bakrûs, le juriste hanbalite. Il émit des fatwas, participa à des débats et fut tenu pour fiable par les magistrats. Toutefois, il se détourna de tout cela et devint policier à la porte d’an-Nûbî (8), où il frappait et maltraitait gravement la population. Par la suite, il fut lui-même battu à mort, puis jeté dans le Tigre (9), et les gens se réjouirent de sa disparition — son père était pourtant un homme pieux.
Parmi les disparus, on compte aussi ar-Rukn ‘Abd as-Salâm ibn ‘Abd al-Wahhâb ibn le shaykh ‘Abd al-Qâdir (10).