Il avait rédigé un commentaire sur les divergences (al-khilâf), et il dirigeait un cercle d’enseignement à la mosquée du calife(1). Il était également chargé de l’administration de plusieurs villages appartenant au calife(2), puis celui-ci le démit de ses fonctions. Il se retira alors chez lui, pauvre et sans ressources, jusqu’à sa mort – qu’Allah lui fasse miséricorde. Son fils, Muhammad, était un intrigant, un démon rebelle, dont les attaques satiriques et les dénonciations mensongères auprès des détenteurs du pouvoir étaient nombreuses. On lui coupa la langue et on l’emprisonna jusqu’à sa mort.
Quant au vizir Mu‘izz ad-Dîn(3), Abû al-Ma‘âlî(4) Sa‘îd ibn ‘Alî ibn Aḥmad ibn Ḥadîda, il était issu de la lignée du Compagnon Qutba ibn ‘Âmir ibn Ḥadîda al-Anṣârî(5). Il fut nommé vizir par an-Nâṣir(6) en l’année quatre-vingt-quatre, puis fut destitué à cause des calomnies d’Ibn Mahdî(7) et s’enfuit à Marâgha(8). Il revint après la mort(9) d’Ibn Mahdî et demeura à Bagdad en jouissant d’un grand respect. Il donnait abondamment l’aumône et faisait beaucoup de bien aux gens, jusqu’à sa mort – qu’Allah lui fasse miséricorde.
De même, Sanjar ibn ‘Abd Allâh an-Nâṣirî(10), rattaché au calife, possédait de grandes richesses, de vastes propriétés et des fiefs étendus. Malgré cela, il était avare, servile et sans honneur. Il arriva qu’il se rendit comme émir du pèlerinage en l’an cinq cent quatre-vingt-neuf. Un Bédouin(11), avec un petit groupe d’hommes, l’attaqua en chemin alors même que Sanjar(12) disposait de cinq cents cavaliers. Dompté par la crainte de ce Bédouin(13), il dut satisfaire son exigence de cinquante mille dinars, qu’il se procura en les recueillant auprès des pèlerins avant de les lui remettre. À son retour à Bagdad, le calife lui réclama ces cinquante mille dinars, les restitua à leurs légitimes propriétaires, puis destitua Sanjar et nomma à sa place Tâshtakîn.
Enfin, le cadi de as-Salâmiyya(14), Ẓahîr ad-Dîn, Abû Isḥâq Ibrâhîm ibn Naṣr ibn ‘Askar, était un juriste shaféite et un homme de lettres distingué.