Le souverain d’Égypte fut empêché d’entrer à La Mecque (1). On lui dit : « Tu n’es venu que pour t’emparer du Yémen. » Il leur répondit : « Enchaînez-moi et laissez-moi accomplir les rites », mais ils rétorquèrent : « Nous n’avons aucune instruction à ce sujet ; nous n’avons reçu pour ordre que de te repousser et de te barrer le chemin. » Un groupe de personnes songea alors à les combattre, mais il craignit qu’un conflit n’éclatât ; il se dispensa donc de son pèlerinage et rentra en Syrie. Les gens s’affligèrent de ce qui lui fut fait et versèrent des larmes lorsqu’il les quitta. Puisse Dieu l’en récompenser.
La même année, il arriva une lettre d’un des juristes hanafites de Khorasan au cheikh Tadj ad-Dîn al-Kindî (2), l’informant que le sultan Khwârazm Shâh Muḥammad ibn Tekish s’était déguisé en compagnie de trois de ses hommes pour pénétrer en terre tatare et y recueillir lui-même des informations. Les Tatars, méfiants, les arrêtèrent ; ils frappèrent deux d’entre eux jusqu’à ce qu’ils succombent, sans qu’ils ne révèlent le but de leur venue, puis ils enfermèrent strictement le sultan et son autre compagnon. Une nuit, ils purent s’évader et se mirent en sûreté ; le sultan regagna alors son camp puis retourna dans son royaume.
J’ai dit : « Cette correspondance n’est pas la même que celle qui rapporte sa capture (6) lors de la bataille avec [Ibn] Masʿūd l’émir, et Dieu est plus savant. »
Cette année-là également, tandis qu’on creusait dans le fossé d’Alep, on mit au jour une dalle sous laquelle on trouva soixante-quinze ratls d’or et vingt-cinq ratls d’argent, selon le poids en usage à Alep.
Durant la même année, mourut le cheikh des Hanafites (7), professeur au sanctuaire d’Abū Ḥanīfa à Bagdad, le cheikh Abū al-Faḍl Aḥmad ibn Masʿūd ibn ʿAlī al-Turkistānī (8), qui était chargé des litiges (al-maẓālim). Il fut inhumé dans le sanctuaire précité.
Il s’éteignit également, le cheikh Abū Muḥammad (9) Ismāʿīl ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn, Fakhr ad-Dīn al-Ḥanbalī, surnommé Ibn al-Māshiṭa, et appelé al-Fakhr, le disciple [ou serviteur] d’Ibn al-Mannī.