Al-Maqdisi (1) se rendit en Égypte et, devant lui, fut tenue l’assemblée (le conseil). (Parmi ceux qui se levèrent contre lui se trouvaient Ibn al-Zakî (2) et le prédicateur al-Dawla‘î (3). Les quatre, ainsi que d’autres qui s’étaient opposés à lui, moururent et se retrouvèrent auprès de leur Seigneur, le Juge équitable – qu’Il soit exalté.)
L’émir Fakhr al-Dîn Shirkas (4) – on l’appelait également Jaharaks (5) – fut l’un des émirs de l’État salâhien (sous Saladin). À lui est attribuée la Porte (6) Shirkas, située au pied (de la citadelle), en face de la tombe (7) de Khâtûn (8), où se trouve d’ailleurs son propre tombeau.
Ibn Khallikân (9) a dit : « C’est lui qui bâtit la “Grande Qaïsariyya” du Caire, qu’on lui attribue. Il construisit dans sa partie supérieure une mosquée suspendue ainsi qu’un caravansérail. Plusieurs marchands ont rapporté ne pas avoir vu d’équivalent, dans aucune autre cité, quant à sa beauté, son ampleur et la solidité de sa construction. » Il ajouta : « Jaharaks signifie “quatre individus”. »
Pour ma part, j’ajoute qu’il fut le vice-gouverneur (nâ’ib) d’al-‘Adil à Baniyâs, al-Shaqîf (10), Tibnîn (11) et Hûnayn (12). Lorsqu’il mourut, il laissa un jeune fils ; al-‘Adil le confirma dans les mêmes fonctions que son père et lui désigna pour tuteur l’émir Sârim al-Dîn Khatlaba.
(1) Sa biographie a été présentée dans le volume précédent des Wafayāt à la page 600.
(2) La biographie du juge Ibn al-Zakī a été présentée dans les Wafayāt Minat à la page 598 du volume précédent.
(3) La biographie d’al-Dawlaʿī est avancée dans les Wafayāt (598) du volume précédent.
(4) La biographie de « Charkas » se trouve dans Mirʾāt al-Zamān (vol. 8, p. 558), ainsi que dans la continuation des Wafayāt al-Naqqala (t. 2, pp. 237-238), Wafayāt al-Aʿyān (t. 1, p. 381), le supplément ar-Rawḍatayn (p. 79), le Mukhtaṣar d’Abū al-Fidāʾ (t. 3, p. 113), Tārīkh al-ʾIslām (t. 13, p. 189), al-Jarr (t. 5, p. 27), Tārīkh al-Ṣāliḥīyah (p. 135), et Shudhara al-Dhahab (t. 7, p. 60).
(5) Ibn Khallikān a dit : Juhārkas [Jeuḥārkas], avec le jīm kasra, le hā’ fatḥa, suivi d’un rā’, puis un kāf fatḥa et un sīn munsan, et cela signifie en arabe : « quatre âmes ».
(6) « Qubāb al-Jarkasīyah » : c’est le quartier aujourd’hui connu sous le nom de Charkasīyah dans la ville de Damas, également appelé Hayy al-Madāris, et tout entier est formé de qubāb (voutes). Il s’étend depuis la mosquée Ibn ʿArabī jusqu’à la zone d’al-ʿAfīf.
(7) Ibn Ṭūlūn a parlé de ses terres dans Tārīkh al-Ṣāliḥīyah (p. 59).
(8) La biographie de « Khātūn » figurera dans les Wafayāt Minat au page 643 de ce volume.
(9) Wafayāt al-Aʿyān (t. 1, p. 381).
(10) Shaqīf : avec un fatḥa sur la première lettre, un kasra sur la seconde, puis un yā’ muthannā min taḥt, enfin un wāw. Yāqūt a cité quatre lieux portant ce nom, celui en question est Shaqīf ʿArnūn, une citadelle très fortifiée près de Banīyās sur la côte. Cf. Muʿjam al-Buldān (t. 3, p. 356).
(11) Tibnīn : avec un kasra sur la première lettre, un sukūn sur la seconde, puis un kasra sur le nūn, un yā’ sākin et enfin un nūn. C’est une localité dans les montagnes de Banī ʿĀmir dominant Banīyās, située entre Damas et Ṣūr. Cf. Muʿjam al-Buldān (t. 2, p. 14).
(12) Ḥūnayn : avec un ḍamma sur la première lettre, un sukūn, puis un nūn, un yā’ et un nūn final. C’est une localité dans les montagnes ʿĀmilah. Cf. Muʿjam al-Buldān (t. 5, p. 420).