Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Mûsâ al-Achʿarî a rapporté : « Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : “Parmi les hommes, beaucoup ont atteint la perfection ; cependant, parmi les femmes, seules Âsiya (l’épouse de Pharaon) et Maryam (fille de ʿImrân) l’ont atteinte. Et la supériorité de ʿÂʾisha sur les autres femmes est comparable à la supériorité du tharîd sur les autres mets.” » C’est un ḥadith authentique, comme tu le vois : il est rapporté par les deux Shaykhs (Al-Bukhârî et Muslim), et son libellé paraît restreindre la perfection, chez les femmes, à Maryam et Âsiya. Peut-être faut-il comprendre que c’était ainsi à leur époque, car chacune d’elles eut la charge d’un Prophète durant son enfance : Âsiya prit soin de Mûsâ l’Élu (al-Kalîm), tandis que Maryam s’occupa de son fils, ʿAbdullâh et Messager d’Allah. Cela n’exclut pas que d’autres aient pu atteindre la perfection dans cette communauté, comme Khadîja et Fâṭima. En effet, Khadîja servit le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pendant quinze ans avant la Révélation et plus de dix ans après, et elle fut pour lui une conseillère sincère, de sa personne comme de ses biens (qu’Allah l’agrée et la comble de Sa satisfaction). Quant à Fâṭima, la fille du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle fut honorée d’un mérite particulier par rapport à ses sœurs, car elle fut frappée par la perte du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), tandis que ses sœurs moururent du vivant du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

S’agissant de ʿÂʾisha, elle était l’épouse la plus aimée du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et il ne s’est marié avec aucune autre femme vierge qu’elle. On ne connaît aucune femme dans cette communauté, ni même en dehors, qui soit plus savante ou plus perspicace qu’elle. Allah prit sa défense lorsque les gens de la calomnie proférèrent ce qu’ils dirent à son sujet, faisant descendre sa mise hors de cause depuis les sept cieux. Elle vécut près de cinquante ans après le décès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), transmettant de lui le Coran et la Sunna, rendant des avis juridiques aux musulmans et réconciliant ceux qui étaient en désaccord, et elle est la plus noble des Mères des Croyants, même vis-à-vis de Khadîja bint Khuwaylid, la mère des filles et des fils (selon l’avis de plusieurs savants anciens et postérieurs). Le mieux est toutefois de suspendre son jugement entre ces deux femmes, qu’Allah les agrée toutes deux.

En effet, la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « La supériorité de ʿÂʾisha sur les femmes est comme la supériorité du tharîd sur tous les autres mets » peut être comprise comme générale vis-à-vis de celles déjà mentionnées et d’autres encore. Elle peut également être comprise comme générale pour toutes les autres femmes, hormis celles qui ont été citées(1). Et Allah est plus savant.

Ici, l’objet est d’évoquer ce qui se rapporte à Maryam, fille de ʿImrân (qu’Allah l’agrée). Allah l’a purifiée et l’a élue au-dessus des femmes des mondes de son époque. Il se peut aussi que sa prééminence sur les femmes soit absolue, comme nous l’avons indiqué. Un hadith rapporte d’ailleurs qu’elle sera parmi les épouses du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) au Paradis, ainsi qu’Âsiya bint Muzâḥim. Nous l’avons mentionné dans le “Tafsîr”(2), citant certains des prédécesseurs qui basaient cette opinion sur le verset « Parmi elles des femmes déjà mariées et des vierges » [At-Taḥrîm, 5], affirmant que la “mariée” ici est Âsiya et la “vierge” Maryam, fille de ʿImrân. Nous l’avons rappelé à la fin de la sourate At-Taḥrîm, et Allah est plus savant.

At-Ṭabarânî (3) a rapporté : « ʿAbdullâh ibn Nâjiyya nous a transmis ; Muḥammad ibn Saʿd al-ʿAwfî (4) nous a transmis ; mon père nous a transmis ; mon oncle… »

= Al-ʾAṭʿima (1834), et Ibn Mājah également dans al-ʾAṭʿima (3280), et an-Nasāʾī dans al-Manāqib (7/68), ainsi que dans ʿAsharat an-Nisāʾ de al-Kubrā (8353), (8381) et (8895) relatant le mérite de ʿĀʾisha. (1) Une erreur est survenue lors du transfert de la lettre ʿayn. (2) Comme il l’a dit dans son Tafsīr : (4/390). (3) Dans al-Muʿjam al-Kabīr (2/5485). (4) Il s’agit d’Abū Jaʿfar Muḥammad ibn Saʿd ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan, al-ʿAwfī, appartenant à la tribu de ʿAwf ibn Saʿd, descendant de Yashkur ibn Bakr ibn Waʾil, selon une version, et de Yashkur ibn al-Ḥārith, selon une autre, issus de Qays ʿAylān. Il était originaire de Bagdad et est décédé en 276 H. Il est dit qu’il avait un discours facile. Ad-Dāraqutnī a dit à son sujet : « Pas de mal à son encontre ». Voir Ansāb as-Samʿānī (9/89-90).
أبي موسى الأشعري قال: قال رسول اللّه ﷺ : "كَمُل مِنَ الرِّجَالِ كَثِيْرٌ ولم يَكْملْ مِنَ النِّسَاءِ إلّا آسِيةُ امرأةُ فِرعَون ومَرْيَمُ بنتُ عِمران وإنَّ فَضْلَ عائِشَةَ على النِّسَاءِ كَفَضْلِ الثَّرِيْدِ عَلَى الطَّعَامِ" ، فإنه حديث صحيح كما ترى، اتفق الشيخان على إخراجه، ولفظه يقتضي حَصْر الكمال في النساء في مريم وآسية، ولعل المراد بذلك في زمانهما، فإن كلًا منهما كفلت نبيًا في حال صغره، فاَسية كفلت موسى الكليم، ومريم كفلت ولدها عبد اللّه ورسوله، فلا ينفي كمال غيرهما في هذه الأمة كخديجة وفاطمة، فخديجة خدمت رسول اللّه ﷺ قبل البعثة خمس عشرة سنة، وبعدها أزيد من عشر سنين، وكانت له وزيرَ صِدْق بنفسها ومالها (عليه السلام) وأرضاها. وأما فاطمة بنتُ رسول اللّه ﷺ فإنها خُصّت بمزيد فضيلة على أخواتها، لأنها أصيبت برسول اللّه ﷺ وبقيةِ أخواتها مِتن في حياة النبي ﷺ . وأما عائشة فإّنها كانت أحبَّ أزواج رسول اللّه ﷺ إليه، ولم يتزوج بِكرًا غيرها، ولا يُعرف في سائر النساء في هذه الأمة، بل ولا في غيرها، أعلم منها ولا أفهم، وقد غار اللّه لها حين قال لها أَهل الإفك ما قالوا، فأنزل براءتها من فوق سبع سموات، وقد عُمِّرت بعد رسول اللّه ﷺ قريبًا من خمسين سنةً تبلّغ عنه القرآن والسُّنَّةَ، وتفتي المسلمين، وثصلح بين المختلفين، وهي أشرف أمهات المؤمنين حتى خديجة بنت خويلد أم البنات والبنين في قول طائفة من العلماء السابقين واللاحقين، والأحسن الوقف فيهما (رضي الله عنه) . وما ذاك إلا لأن قوله ﷺ : "وفضلُ عائِشَة على النساءِ كَفَضْلِ الثَّرِيْدِ علَى سائرِ الطَّعامِ" يحتمل أن يكون عامًا بالنسبة إلى المذكورات [وغيرهن، ويحتمل أن يكون عامًا بالنسبة إلى ما عدا المذكورات] (١) . واللّه أعلم. والمقصود هاهنا ذِكْر ما يتعلّق بمريم بنتِ عمران (رضي الله عنها) ، فإن اللّه طهَّرها واصْطفاها على نساء عالمي زمانها، ويجوز أن يكون تفضيلها على النساء مطلقًا، كما قدّمنا. وقد ورد في حديثٍ أنها تكون من أزواج النبي ﷺ في الجنة هي وآسية بنت مزاحم. وقد ذكرنا في "التفسير" (٢) عن بعض السلف أنه قال ذلك واستأنس بقوله: ﴿ثَيِّبَاتٍ وَأَبْكَارًا﴾ [التحريم: ٥] ، قال: فالثيب آسية، ومن الأبكار مريم بنت عمران. وقد ذكرناه في آخر سورة التحريم. فاللّه أعلم. قال الطبراني (٣) : حدثنا عبد اللّه بن ناجية، حدثنا محمد بن سعد العَوْفي (٤) حدثنا أبي حدثنا عمي
= الأطعمة (١٨٣٤)، وابن ماجة في الأطعمة أيضًا (٣٢٨٠)، والنسائي في المناقب (٧/ ٦٨) وهو في عشرة النساء من الكبرى (٨٣٥٣) و (٨٣٨١) و (٨٨٩٥) بقصة فضل عائشة. (١) سقط من ب بنقلة عين. (٢) هو كما قال في تفسيره: (٤/ ٣٩٠). (٣) في المعجم الكبير (٢/ ٥٤٨٥). (٤) هو أبو جعفر محمد بن سعد بن محمد بن الحسن، العَوْفي، من بني عوف بن سعد، من يشكر بن بكر بن وائل، وقيل من يشكر بن الحارث، من قيس عيلان. كان من أهل بغداد، توفي سنة (٢٧٦ هـ). قيل: كان لين الحديث. وقال الدارقطني: لا بأس به. أنساب السمعاني (٩/ ٨٩ - ٩٠).

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