Les buffles et leurs cornes… Un homme se leva alors pour les proposer en criant : « Combien avez-vous de la laine du cheikh et de ses cornes ? »(1) Je lui répondis : « Je n’en ai nul besoin, et je vous en décharge. »(2) Cela fut rapporté par Abou Châma.(3)
[Ensuite vint l’année huit et six cents (608 de l’Hégire)]
Elle débuta alors qu’al-ʿAdil séjournait sur le mont (al-Ṭūr) pour construire sa forteresse. Des nouvelles parvinrent du Maghreb selon lesquelles Ibn ʿAbd al-Muʾmin(4) avait infligé aux Francs de Tolède une défaite retentissante, au point qu’il se peut qu’il ait pris la ville de vive force et qu’il ait tué un grand nombre d’entre eux.(5)
Cette année-là, une violente et puissante secousse sismique toucha l’Égypte et Le Caire, détruisant de nombreuses habitations. De même, dans la ville de Karak(6) et à al-Šawbak, elle fit s’écrouler des tours de la citadelle ; de nombreux enfants et femmes périrent ensevelis sous les décombres. On vit même un nuage de fumée descendre du ciel [jusqu’au sol](7) entre le coucher du soleil et la prière du soir, près de la tombe de ʿĀtika, à l’ouest de Damas.(8)
Cette même année, les Bâṭiniyya(9) proclamèrent publiquement leur adhésion à l’islam et appliquèrent les peines légales contre ceux qui se livraient à l’illicite ; ils bâtirent des mosquées et des lieux de prière, et écrivirent à leurs compagnons en Syrie, à Miṣyāb(10) et dans d’autres localités, afin de les informer de cela. Leur chef, Jalâl al-Dîn, écrivit au calife pour l’en informer. Un groupe parmi eux arriva ensuite à Bagdad en pèlerins et fut reçu avec honneur(11) pour cette raison. Cependant, lorsque