Ibn Khallikân (1) rapporte : « Son décès (2) eut lieu dans la nuit du dimanche vingt-neuf Rajab de cette année. »
Ibn Sukayna (3), ʿAbd al-Wahhâb ibn ʿAlî Diyâʾ al-Dîn [Abû Aḥmad] (4), connu sous le nom d’Ibn Sukayna al-Ṣûfî, était considéré comme faisant partie des abdal. Il entendit un grand nombre de hadiths (5) et les fit entendre dans plusieurs contrées. Il [naquit] (6) en l’an 519 de l’Hégire. Il fut proche du shaykh Abû al-Faraj Ibn al-Jawzî (7) (8) et assista régulièrement à ses séances. Le jour de ses funérailles fut mémorable, tant il y eut d’affluence de la part des notables comme des gens du commun (9), qu’Allah lui fasse miséricorde.
Muẓaffar ibn Shâshîr (10), le prédicateur soufi de Bagdad, naquit en l’an 523 de l’Hégire. Il entendit des hadiths et prêchait lors des funérailles, dans les mosquées et les villages. Il était doté d’un esprit vif et naturel. Un jour, alors qu’il prêchait, un homme s’approcha de lui [pendant qu’il parlait] et lui dit en aparté : « Je suis malade et j’ai faim. » Il lui répondit : « Loue ton Seigneur, car tu es épargné. »
Une autre fois, il passa devant un boucher vendant de la viande de mauvaise qualité, et celui-ci s’écriait : « Qui donc a juré de ne pas être lésé ? » Ibn Shâshîr répondit : « (Attends) qu’il viole son serment. » Il raconta encore : « Un jour, je tins une séance à Baʿqûbâ (11). L’un disait : “J’offre au shaykh une nisfiyya”, un autre le même engagement, et ainsi de suite, si bien qu’ils annoncèrent près de cinquante nisfiyyas. Je me suis dit : “Ce soir, je suis à l’abri du besoin et je repartirai commerçant pour la ville !” Mais au matin, je trouvai un tas d’orge dans la mosquée, et on me dit : “Voici les nisfiyyas (13) dont ils parlaient.” Il s’est avéré qu’ils appelaient ‘nisfiyya’ une mesure semblable à un petit bol. »
« Une autre fois, j’organisai une séance à Bâjisarâ (14). Ils rassemblèrent pour moi quelque chose dont j’ignorais la nature et, le matin venu, je découvris qu’il s’agissait de laine. »