La plaine ne contenait aucune construction si ce n’est le couvent d’al-Ḥawrānī. Il raconta : « On nous a attribués aux gens pieux, nous rattachant à la Mosquée d’Abū Ṣāliḥ, alors que nous ne sommes pas des justes. Depuis lors, cet endroit a été appelé aṣ-Ṣāliḥiyyah, en référence à nous. »
Puis le shaykh Abū ʿUmar récita le Coran selon la lecture d’Abū ʿAmr et mémorisa le « Mukhtaṣar al-Khiraqī » en jurisprudence (c’est l’ouvrage que [son frère] expliqua plus tard). Il en écrivit le « commentaire » de sa propre main et recopia également le « Tafsīr al-Baghawī », « al-Ḥilyah » d’Abū Nuʿaym ainsi que « al-Ibānah » d’Ibn Baṭṭah. En outre, il rédigea de nombreuses copies du Coran à la main, qu’il offrait aux gens et à sa famille sans aucune rétribution.
C’était un homme très assidu dans son adoration et ses prières nocturnes ; il jeûnait en permanence [il était d’une apparence agréable, de corps élancé, et portait les signes lumineux de l’adoration]. Il avait toujours le sourire aux lèvres. Chaque jour, il récitait un septième du Coran entre la prière de Ẓuhr et celle de ʿAṣr. Il accomplissait la prière de Ḍuḥā en huit rakaʿāt, récitant en chacune d’elles mille fois « Dis : Il est Dieu, l’Unique ». Il se rendait à la « Grotte du Sang » (Maghārat ad-Dam) chaque lundi et jeudi, ramassant sur la route de l’armoise (ashayḥ) pour la distribuer aux veuves et aux démunis. Tout ce qui parvenait jusqu’à lui, que ce fût un soutien spirituel ou matériel, il en faisait don à sa famille et aux indigents.
Son habillement était très modeste : il lui arrivait de passer longtemps sans porter ni pantalon ni chemise. [Il découpait parfois dans son turban des morceaux qu’il offrait en aumône ou pour compléter le linceul d’un défunt]. Lui, son frère et leur cousin, le ḥāfiẓ ʿAbd al-Ghanī, ainsi que le shaykh al-ʿImād, ne cessaient de participer aux expéditions guerrières.