Vers la région des Francs (1), ils tuèrent nombre de gens, détruisirent de nombreux lieux, saisirent du butin et revinrent sains et saufs. Al-Muʿaẓẓam entreprit alors de fortifier la montagne du Ṭūr et d’y bâtir (2) une citadelle afin d’exercer une pression sur les Francs. Il y investit des sommes considérables, mais (3) les Francs envoyèrent des émissaires auprès d’al-ʿĀdil pour demander la sécurité et la réconciliation. Celui-ci conclut une trêve avec eux, ce qui mit fin à cette construction. Ainsi, tout l’argent qu’al-Muʿaẓẓam y avait consacré fut perdu. Dieu est plus savant.
Parmi les notables décédés cette année-là (4) se trouve le cheikh Abū ʿUmar (5), fondateur de l’école au pied du Qāsiyūn pour les pauvres [ceux qui étudient le Coran] (6), à savoir Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Qudāma, le pieux cheikh Abū ʿUmar al-Maqdisī. Il fut celui qui construisit l’école où l’on récitait le Coran au pied de Qāsiyūn. Il était également le frère de l’éminent Muwaffaq al-Dīn (7), ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Qudāma (8). Le cheikh Abū ʿUmar était plus âgé que lui, car il naquit en l’an 528 de l’Hégire dans le village d’as-Sāwiyā (9), ou selon certains à Jammāʿīl (10). [Quant au cheikh Abū ʿUmar] (11), il éleva le cheikh Muwaffaq al-Dīn, lui fit beaucoup de bien, le maria et prit soin de ses affaires.
À leur retour de la Terre sainte, ils s’installèrent (12) à la mosquée Abī Ṣāliḥ, située à l’extérieur de la Porte de l’Orient, puis ils la quittèrent pour
(1) T: Ensuite, il partit avec ses compagnons et sa noble assemblée vers les Francs.
(2) T: Et il construisit une forteresse.
(3) A: Alors j'ai envoyé.
(4) T: Et plusieurs notables y sont décédés.
(5) Traduction -Abū ʿUmar- dans Mirʾāt al-Zamān (8/546), Al-Takmila li-Wafayāt al-Naqqāla (2/202), Zuyl al-Rawḍatayn (71), Tārīkh al-Islām (13/171), al-ʿIbar (5/25), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (22/5), al-Wāfī bil-Wafayāt (2/116), Zuyl Ṭabaqāt al-Ḥanābila (20/52), al-Nujūm al-Zāhira (6/28), al-Dāris (2/100-102), al-Qalāʾid al-Jawhariyya (21/165), al-Maqṣad al-Arshad (2/346) et Shudhārāt al-Dhahab (7/50-56). Bachār a affirmé : le fils de la sœur d’Ibn, al-Ḥāfiẓ al-Ḍiyāʾ, décédé en 643, a écrit un volume sur sa biographie (dans le corpus al-Ẓāhiriyya, n° 83, feuillets 39-43). Al-Dhahabī a extrait la majeure partie de ce volume dans Tārīkh al-Islām.
(6) Tiré uniquement de T.
(7) T: Le fondateur de l’école qui se trouve au pied de la colline où l’on y récite le Noble Coran, il est le frère de l’imam Muwaffaq al-Dīn.
(8) Sa biographie apparaîtra dans Wafayāt (620) de ce même volume.
(9) Dans al-Dāris (aksāwiyya) et en note : (aksāwiyā). Elle est, comme ici, mentionnée dans le Zuyl al-Rawḍatayn (71). Je n’ai pas trouvé d’opinion à ce sujet.
(10) Jamʿāʾīl : village situé dans le mont de Naplouse en Palestine. Naplouse et toute sa région relèvent de la juridiction de Bayt al-Maqdis. Voir Muʿjam al-Buldān (3/94) et al-Qalāʾid al-Jawhariyya (1/218, n° 2). Bachār a rapporté qu’al-Dhahabī a transmis de l’hafiz al-Ḍiyāʾ ces propos : « Sa naissance… à Jamʿāʾīl, je l’ai vu de la main de son père ».
(11) Leur lieu selon A: (et c’est).
(12) Dans A et B : « Et c’est lui qui les fit venir de ces contrées, ainsi ils descendirent » ; cela est incorrect, car celui qui les fit venir fut leur père.