Abou Ziyad, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Nu‘m, d’après Abou Sa‘îd, a rapporté que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : « Fâtima est la maîtresse des femmes du Paradis, excepté ce qu’il en est de Maryam, fille de ‘Imrân. » Cette chaîne de transmission (isnâd) est jugée bonne (hasan) et Al-Tirmidhî l’a authentifiée(1), sans la rapporter. Un hadith de contenu similaire provient également de ‘Alî ibn Abî Tâlib, mais son isnâd comporte une faiblesse.
Ce que l’on vise à démontrer, c’est que ce récit prouve que Maryam et Fâtima sont les meilleures de ces quatre femmes. Quant à l’exception formulée, elle peut signifier que Maryam est supérieure à Fâtima, ou bien qu’elles ont un rang égal en vertu. Cependant, il existe un hadith qui, s’il est authentique, confirmerait la première hypothèse.
Ainsi, le hâfiẓ Abou al-Qâsim ibn ‘Asâkir a dit : « Abou al-Ḥasan ibn al-Farrâ’, Abou Ghâlib et Abou ‘Abd Allâh les fils d’al-Bannâ’ nous ont informés : Abou Ja‘far ibn al-Muslima nous a informés, Abou Ṭâhir al-Mukhafhaṣ nous a raconté : Aḥmad ibn Sulaymân nous a rapporté : al-Zubayr – il s’agit de Ibn Bakkâr – nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Ḥasan nous a rapporté, d’après ‘Abd al-‘Azîz ibn Muḥammad, d’après Mûsâ ibn ‘Uqba, d’après Gharîb, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : “La maîtresse des femmes du Paradis est Maryam, fille de ‘Imrân, puis Fâtima, puis Khadîja, puis Âsiya, l’épouse de Pharaon.” » Si cette formulation authentique emploie effectivement « puis » (thumma), qui implique un ordre, elle vient expliciter l’une des deux interprétations de l’exception susmentionnée, et prime sur les formulations antérieures qui étaient énoncées au moyen de la conjonction « et » (wâw)(2), laquelle ne marque ni n’exclut la succession. Dieu est plus savant.
Ce hadith a été rapporté par Abou Ḥâtim al-Râzî, d’après Dâwud al-Ja‘farî(3), d’après ‘Abd al-‘Azîz ibn Muḥammad – connu sous le nom de al-Darâwardî(4) – d’après Ibrâhîm ibn ‘Uqba, d’après Kurayb, d’après Ibn ‘Abbâs, attribué au Prophète (marfû‘). Il le mentionne alors avec la conjonction « et » et non « thumma », qui exprime la succession(5), contredisant ainsi chaîne de transmission et texte. Dieu est plus savant.
Quant au hadith rapporté par Ibn Mardawayh, d’après Shu‘bah, d’après Mu‘âwiya ibn Qurra, d’après son père, celui-ci a dit : le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a déclaré : « Beaucoup d’hommes ont été parfaits, et parmi les femmes, seules trois ont atteint la perfection : Maryam, fille de ‘Imrân, Âsiya, l’épouse de Pharaon, et Khadîja, fille de Khuwaylid. Et la supériorité de ‘Â’isha par rapport aux autres femmes est semblable à la supériorité du tharîd (plat traditionnel) par rapport aux autres mets. » Il en va de même pour le hadith que tous les auteurs des ouvrages de hadith(6) ont rapporté, à l’exception d’Abou Dâwoud, d’après différentes chaînes de Shu‘bah, selon ‘Amr ibn Murra, d’après Murra al-Hamdânî, d’après